À partir du 1er septembre 2026, les Français pourront bénéficier d’une aide financière pour acheter ou louer un véhicule électrique d’occasion grâce aux Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Le dispositif remplace le bonus écologique supprimé en 2024 pour la seconde main, sans coût direct pour les finances publiques. L’arrêté du 10 août, publié au Journal officiel, fixe le cadre de cette mesure, attendue par les ménages modestes et les professionnels à forte mobilité.
À retenir
- Entrée en vigueur : le dispositif est lancé le 1er septembre 2026 pour une durée de quatre ans
- Montant de base : environ 337 euros pour les particuliers, jusqu’à 2 360 euros pour certains professionnels
- Financement : assuré par les fournisseurs d’énergie via les CEE, sans coût direct pour l’État
- Véhicules concernés : premières immatriculations entre 2017 et 2023, avec une batterie en état de santé supérieur à 80 %
- Durée minimale : les locations doivent être souscrites pour 36 mois minimum
- Achat professionnel : obligatoire, les transactions entre particuliers sont exclues
La suppression du bonus écologique pour l’achat de véhicules électriques d’occasion en 2024 avait laissé un vide pour les ménages qui voulaient passer à l’électrique en seconde main. Le gouvernement s’appuie désormais sur les CEE pour maintenir l’aide sans alourdir la dépense publique directe.
Ce système repose sur un principe de pollueur-payeur : les fournisseurs d’énergie, appelés « obligés », financent des actions de décarbonation pour compenser leur empreinte carbone. La fiche d’opération standardisée TRA-EQ-133, créée par l’arrêté ministériel, encadre désormais cette nouvelle aide. EDF, TotalEnergies et les autres énergéticiens verseront les primes directement ou via des organismes agréés. Le dispositif s’inscrit dans le plan d’électrification des usages présenté par le gouvernement en mai dernier, qui vise à accélérer la transition du parc automobile français.
Comment fonctionne le financement par les certificats d’économie d’énergie
Le mécanisme des CEE repose sur l’obligation faite aux fournisseurs d’énergie de financer des actions de réduction de consommation. Pour chaque opération réalisée, ils génèrent des certificats exprimés en « kWh cumac », une unité qui mesure les économies d’énergie cumulées et actualisées sur la durée de vie du produit.

Le calcul du montant de l’aide pour les particuliers
Le montant forfaitaire de base s’élève à environ 337 euros pour la majorité des bénéficiaires. Cette somme correspond à la valorisation de 42 200 kWh cumac par véhicule électrique d’occasion, selon le barème fixé par l’arrêté. Les opérateurs peuvent faire varier légèrement le montant versé en fonction des conditions de marché, mais le cadre réglementaire garantit un plancher minimal.
Cette aide reste inférieure à l’ancien bonus de 1 000 euros, mais elle peut se cumuler avec certaines aides locales et régionales.
Ministère de la Transition écologique
Des surprimes pour les professionnels de l’aide à domicile
Les intervenants du secteur de l’aide à domicile constituent une catégorie prioritaire dans ce dispositif. Ils peuvent prétendre à une surprime portant le montant total jusqu’à 2 360 euros. Cette différenciation vise à soutenir des métiers très mobiles, souvent modestes en revenus, mais très exposés aux frais de déplacement. Les autres professionnels éligibles peuvent également bénéficier de montants supérieurs à la prime de base pour leurs véhicules utilitaires.
Conditions d’éligibilité : des critères techniques rigoureux
Pour éviter les abus et garder une vraie efficacité environnementale, le ministère de la Transition écologique a établi cinq conditions cumulatives strictes. Ces exigences protègent à la fois les consommateurs et l’objectif de décarbonation du parc automobile.

Les caractéristiques du véhicule électrique d’occasion
Le véhicule doit avoir été immatriculé pour la première fois entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023. Cette fenêtre vise des modèles encore récents, donc plus fiables, mais déjà bien dépréciés sur le marché de la seconde main. La batterie doit présenter un état de santé (SOH) supérieur ou égal à 80 % au moment de la vente. En l’absence de mesure du SOH, l’autonomie résiduelle doit atteindre 80 % de la valeur d’homologation ou un minimum de 200 kilomètres.
Les obligations du bénéficiaire
L’achat ou la location doit obligatoirement se faire auprès d’un professionnel de l’automobile agréé par l’Agence de Services et de Paiement (ASP). Cette exigence exclut de fait les transactions entre particuliers, qui restent en dehors du champ du dispositif. Pour les locations longue durée (LLD) ou avec option d’achat (LOA), la durée minimale du contrat est fixée à 36 mois. Les acquéreurs s’engagent également à conserver leur véhicule pendant trois ans avant toute revente.
Le dispositif exclut les véhicules hybrides rechargeables et se concentre uniquement sur le 100 % électrique. Les bénéficiaires devront se rapprocher des enseignes automobiles participantes ou des plateformes agréées pour constituer leur dossier avant le 31 août 2027, date limite de la première période de validité.
Le gouvernement maintient ainsi un soutien à l’électrification du parc automobile tout en maîtrisant les finances publiques. Pour les ménages modestes, premiers concernés par la mobilité durable, l’aide offre un soutien concret pour réduire leur empreinte carbone sans déséquilibrer leur budget. Son succès dépendra surtout de la mobilisation des acteurs économiques et d’une information claire des consommateurs sur ces nouvelles modalités d’aide.

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