En Europe, les bus électriques devancent désormais le diesel

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Bus électrique moderne circulant dans une rue urbaine européenne, symbolisant le dépassement du diesel par l’électrique en 2025.
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En 2025, l’électrique a dépassé le diesel pour devenir la première énergie des bus immatriculés en Europe. Les données de l’ACEA montrent que 23,8 % des nouveaux bus sont désormais électriques, alors que le diesel, encore majoritaire dans le parc roulant, recule en part de marché. Ce basculement dépasse le seul cadre de la mobilité urbaine : il engage la filière industrielle européenne des bus et l’ensemble de sa chaîne de valeur.


À retenir

  • 23,8 % des nouveaux bus sont électriques en 2025, contre 62,1 % diesel en stock.
  • L’Allemagne a vu ses immatriculations électriques augmenter de 106,4 %, devenant le marché le plus dynamique.
  • Le programme ZEBRA du Royaume‑Uni offre 500 millions GBP d’incitatifs pour la flotte zéro‑émission.
  • Le bus à hydrogène, bien que minoritaire, connaît une hausse de 426 % en 2025.
  • La réglementation européenne vise 90 % de bus urbains zéro‑émission d’ici 2030.

Le passage massif à l’électrique dans la flotte de bus résulte d’une convergence d’innovations technologiques, de subventions publiques et de nouvelles obligations réglementaires. Cette dynamique, déjà nette en 2025, doit encore s’intensifier jusqu’en 2035, date à laquelle les autorités européennes visent 100 % de bus urbains zéro‑émission. Pour les exploitants, l’enjeu se joue désormais sur le coût total de possession et sur la fiabilité des technologies, en particulier les batteries LFP et les infrastructures de recharge. Les acteurs de la mobilité durable s’interrogent aussi sur la capacité des réseaux électriques et des dépôts à suivre le rythme de ces déploiements rapides.

L’essor des bus électriques en Europe

Le premier semestre 2025 a enregistré une hausse de 41 % des immatriculations électriques, avec 5 315 nouveaux modèles, puis une progression de 75 % sur les trois premiers trimestres, au‑delà de 8 000 unités. Cette croissance est principalement portée par les bus urbains, où 30 % des ventes sont à zéro émission, tandis que les BEV concentrent près de 82 % des revenus générés par le segment électrique.

Rangée de bus urbains électriques alignés dans un dépôt en France, illustrant l’essor rapide des immatriculations de bus zéro‑émission en Europe.
La multiplication des bus électriques dans les dépôts européens illustre la croissance record des immatriculations et la montée en puissance du BEV dans le transport urbain.

La part du diesel et de l’hybride en déclin

Le diesel reste majoritaire dans le parc, avec 62,1 % des bus en circulation en 2025, mais sa domination s’érode d’année en année. Sa part dans le parc recule par rapport à 2024, et ne représente plus que 58,3 % des nouvelles immatriculations, contre 63,2 % un an plus tôt. Le segment hybride, lui, se contracte rapidement, pénalisé par des coûts encore élevés et par des performances insuffisantes face aux objectifs de CO₂ fixés par l’Union européenne.

Confort et performance du BEV

Les bus électriques à batterie améliorent le service urbain grâce à une conduite sans vibrations, à un fonctionnement silencieux et à des accélérations plus souples. Les constructeurs intègrent désormais des batteries LFP plus légères, plus durables et moins coûteuses, ce qui réduit le coût total de possession (TCO des bus électriques) pour les opérateurs. Cette combinaison de confort, de performances et d’économies d’exploitation accélère l’abandon progressif des motorisations thermiques dans les centres‑villes.

La dynamique du marché par pays et constructeurs

L’Allemagne domine le marché avec 4 300 bus électriques immatriculés en neuf mois, soit une hausse de 106,4 % sur un an. La Suède et la Belgique affichent également des progressions spectaculaires, respectivement +262,1 % et +233,5 %, portées par des programmes nationaux ambitieux. La France, de son côté, reste stable autour de 4 200 nouvelles immatriculations, malgré plusieurs appels d’offres structurants pour les grandes agglomérations.

Les leaders chinois et européens

Yutong conserve sa première place avec 16 % de parts de marché et 852 unités sur la première moitié de 2025. MAN voit son volume grimper de 60 % sur un an, à 708 bus, pour atteindre 13,3 % du marché européen. Daimler Buses et Solaris suivent avec des parts de 12,8 % et 6,7 %, confirmant la montée en puissance d’une offre européenne face à la concurrence asiatique.

Perspectives d’Europe et d’Italie

L’Italie s’affirme comme le marché national à la croissance la plus rapide d’ici 2031, avec un taux de croissance annuel composé (CAGR estimé à 29,9 %). Cette dynamique ouvre des marges de manœuvre importantes pour les industriels locaux et pour les équipementiers, dans un contexte de forte pression concurrentielle venue de Chine et d’Europe du Nord.

Cadre réglementaire et leviers économiques

Les nouvelles règles européennes fixent l’objectif de 90 % de bus urbains zéro‑émission d’ici 2030, puis 100 % en 2035, pour les flottes neuves. Le futur prix du carbone ETS‑2, attendu en 2027, renforce la compétitivité des solutions électriques en renchérissant le coût du diesel sur l’ensemble du cycle de vie. L’Union européenne accompagne cette mutation avec un flux de financements estimé à 1 milliard d’euros, mobilisé via des fonds dédiés et des programmes nationaux.

Réunion de responsables des transports en France examinant des graphiques financiers sur les bus électriques, en lien avec le cadre réglementaire européen et les leviers économiques.
Le cadre réglementaire européen et les incitations économiques transforment le TCO des bus et accélèrent l’adoption des flottes zéro‑émission.

Coût total de possession et batteries

La baisse continue du prix des batteries, combinée aux subventions à l’achat, rend les BEV nettement plus accessibles pour les opérateurs publics comme privés. Selon les estimations sectorielles, le TCO des bus électriques est désormais inférieur d’environ 20 % à celui du diesel, grâce à un entretien simplifié, à des coûts énergétiques moindres et à une meilleure disponibilité des véhicules. Cette équation économique favorise la conversion anticipée des flottes, au‑delà des seules obligations réglementaires.

L’hydrogène, un complément de niche

Le bus à hydrogène reste marginal, avec seulement 250 unités vendues en 2024, malgré une hausse de 426 % au premier semestre 2025. Sa progression est freinée par le coût des véhicules et par l’absence de réseau dense de ravitaillement sur le territoire européen. Pour l’heure, l’hydrogène trouve surtout sa place comme solution d’appoint pour longues lignes, sur des corridors où les contraintes d’autonomie restent fortes et où l’électrification par batteries apparaît moins pertinente.

Limites et défis à surmonter

Si la montée de l’électrique est rapide, elle reste confrontée à plusieurs obstacles. L’infrastructure de recharge, encore insuffisante dans de nombreuses régions, doit être renforcée pour éviter un goulot d’étranglement dans l’exploitation quotidienne des réseaux. Les coûts d’investissement initiaux, en particulier pour les dépôts adaptés et les batteries, demeurent un frein pour les petites et moyennes collectivités, qui peinent parfois à mobiliser les cofinancements nécessaires.

Réponse des acteurs

Les constructeurs accélèrent leurs investissements dans la recharge haute puissance, les dépôts automatisés et les batteries de nouvelle génération, plus denses et plus durables. Dans le même temps, les autorités locales multiplient les montages en partenariats public‑privé afin d’étendre le réseau de recharge, mutualiser les infrastructures entre opérateurs et sécuriser les plans de financement sur le long terme.

Perspectives à long terme

La montée en puissance de l’hydrogène et des FCEV reste conditionnée à la baisse du coût de production et à la disponibilité d’une électricité réellement décarbonée. La généralisation de ces technologies passera par une réduction sensible du prix des électrolyseurs et par la création de corridors de distribution fiables à l’échelle européenne. D’ici là, le bus électrique à batterie devrait conserver une avance nette dans les centres urbains, tandis que les solutions hydrogène resteront ciblées sur des usages spécifiques à forte autonomie.

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