Le site gazier de Cerville se convertit à l’hydrogène

·

Eonergie > Stockage d'électricité > Autres stockages > Le site gazier de Cerville se convertit à l’hydrogène
Projet StorgrHyn : stocker de l’hydrogène sur le site gazier de Cerville
Résumer cet article avec :

Storengy, filiale d’Engie, a déposé un Permis Exclusif de Recherches (PER) pour créer à Cerville (Meurthe-et-Moselle) l’un des plus grands sites européens de stockage souterrain d’hydrogène. Le projet StorgrHyn vise jusqu’à 4 cavités salines capables de contenir 6 700 tonnes chacune, un maillon stratégique de la future dorsale hydrogène européenne.


À retenir

  • Capacité visée : 26 800 tonnes d’hydrogène stockées dans le sous-s lorrain.
  • Technologie : cavités salines matures et moins coûteuses que les alternatives.
  • Calendrier : PER déposé le 21 décembre 2022, consultation publique close en mars 2024.
  • Enjeux : sécuriser l’approvisionnement futur en énergie décarbonée pour l’industrie et le transport.

Un site historique de gaz naturel converti à l’hydrogène

Le site de Cerville, à 10 km à l’est de Nancy, stocke du gaz naturel en nappe aquifère depuis 1970. Il alimente le nord et l’est de la France et dispose déjà des fondations géologiques idéales : des couches de sel épaisses situées à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Du sel comme réservoir géologique

La technique consiste à injecter de l’eau dans le sel. Le sel se dissout et laisse une cavité parfaitement étanche. Ce procédé est éprouvé, moins onéreux que les cavernes creusées mécaniquement et compatible avec de très grands volumes.

4 cavités pour 26 800 tonnes

Storengy prévoit quatre cavités de 6 700 tonnes chacune. À titre de comparaison, le projet Manosque en compte deux de 6 000 tonnes et Harsefeld (Allemagne) vise 14 000 tonnes. L’échelle lorraine place la région au cœur du stockage d’hydrogène continental.

Calendrier et étapes réglementaires

Le projet suit le calendrier fixé par l’État pour les recherches de stockage souterrain.

PER de Nancy et consultation publique

Le PER « Nancy » a été déposé le 21 décembre 2022, puis complété par une pétition rectificative le 17 avril 2023. Une enquête publique s’est déroulée en mars 2024. Le périmètre exclut délibérément le Grand Nancy, les zones urbaines denses et le Parc naturel régional de Lorraine.

Avis de l’Autorité environnementale

Le 10 avril 2025, l’IGEDD rend un avis sur la qualité du rapport d’évaluation environnementale. Cet avis, purement technique, ne juge pas la pertinence du projet mais valide la méthodologie d’analyse des impacts. Il est désormais intégré au dossier d’enquête publique.

PER Nord Mulhouse déjà octroyé

Parallèlement, le PER « Nord Mulhouse » a été officiellement octroyé par arrêté ministériel le 25 juin 2024. Il complète ainsi le maillage stratégique du Grand Est en matière de stockage d’hydrogène.

Vers une dorsale hydrogène européenne

Le projet s’inscrit dans la dorsale hydrogène européenne, un réseau de transport dédié qui reliera la production renouvelable nordique aux bassins de consommation industrielle du sud-ouest de l’Allemagne et de l’est de la France.

Storengy et GRTgaz, un tandem industriel

Storengy gère le stockage souterrain. GRTgaz, présent sur place, construira les canalisations d’acheminement. La jonction entre la Moselle et la Ruhr allemande est déjà à l’étude pour acheminer l’hydrogène vers la sidérurgie.

Économie locale et sécurité d’approvisionnement

La Meurthe-et-Moselle devient un hub régional. Les emplois liés à la construction des cavités, aux opérations de maintenance et aux services de transport se chiffrent en centaines d’unités. À terme, la sécurité d’approvisionnement en hydrogène décarboné sera renforcée pour l’industrie, les transports lourds et la production d’électricité d’appoint.

Le projet StorgrHyn transforme un site gazier historique en pilier de la transition énergétique européenne. D’ici 2030, l’hydrogène stocké sous la terre lorraine pourrait alimenter des milliers de camions, trains et fours industriels sans émettre de CO₂.