PV en toiture, un ajustement des tarifs pour le 3ème trimestre

·

Eonergie > Production d'électricité > Solaire > PV en toiture, un ajustement des tarifs pour le 3ème trimestre
Tarifs photovoltaïque en toiture 2025 : ajustements majeurs pour maîtriser le développement
Résumer cet article avec :

La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) publie les nouveaux tarifs et primes pour les installations photovoltaïques en toiture du troisième trimestre 2025. Ces ajustements marquent une révision significative du cadre tarifaire S21, visant à maîtriser les volumes de développement qui ont largement dépassé les objectifs trimestriels. Le gouvernement privilégie désormais l’autoconsommation pour les petites installations résidentielles et oriente les projets de plus grande taille vers des mécanismes d’appels d’offres.


À retenir

  • Les tarifs du segment 0-9 kWc restent stables : 40 €/MWh pour l’énergie injectée et 80 €/kWc de prime à l’investissement
  • Les segments 9-36 kWc et 36-100 kWc subissent une légère baisse tarifaire avec dégressivité renforcée
  • Le segment 100-500 kWc bascule vers un système d’appels d’offres simplifiés dès septembre 2025
  • Les volumes de demandes de raccordement ont atteint 260% de l’objectif pour le résidentiel au T2 2025
  • La modalité de vente « en totalité » disparaît pour les installations de moins de 9 kWc

Stabilité confirmée pour le segment résidentiel

Le cadre tarifaire S21 entre dans sa phase d’ajustement pour le troisième trimestre 2025. L’arrêté modificatif du 26 mars 2025 restructure l’ensemble du dispositif de soutien aux installations photovoltaïques en toiture.

Maintien des conditions pour les installations de 0 à 9 kWc

Les propriétaires de maisons individuelles bénéficient d’une stabilité tarifaire complète. Le tarif de rachat du surplus d’énergie reste fixé à 40 €/MWh. La prime à l’investissement demeure à 80 €/kWc.

Ces mesures échappent au mécanisme de dégressivité et ne subissent aucune indexation. La CRE a fusionné les anciens sous-segments 0-3 kWc et 3-9 kWc en une seule tranche. La vente en totalité de la production disparaît, privilégiant exclusivement l’autoconsommation individuelle avec vente du surplus.

Performances dépassant les objectifs gouvernementaux

Le dynamisme du segment résidentiel inquiète les pouvoirs publics. Les demandes complètes de raccordement (DCR) ont atteint 260% de l’objectif trimestriel au deuxième trimestre 2025. Ce chiffre représente même 3,6 fois l’objectif du premier trimestre.

Cette surperformance explique la volonté gouvernementale de maîtriser les volumes de développement pour respecter les contraintes budgétaires du dispositif de soutien.

Ajustements tarifaires pour les segments intermédiaires

Les installations de puissance supérieure subissent des modifications plus marquées. La CRE renforce le mécanisme de dégressivité pour contenir la croissance des volumes.

Baisse modérée pour les segments 9-36 kWc et 36-100 kWc

Le tarif d’achat du segment 9-36 kWc diminue de 12,95 ct€/kWh à 12,43 ct€/kWh. Cette baisse de 4% reste mesurée comparée aux évolutions des segments supérieurs.

Le segment 36-100 kWc subit une réduction plus marquée, passant de 11,26 ct€/kWh à 10,81 ct€/kWh. Cette diminution de 4% s’accompagne d’une révision de la courbe de dégressivité. La dégressivité d’urgence disparaît du dispositif.

Les volumes de DCR pour l’ensemble du segment 9-100 kWc ont atteint 190% de l’objectif au deuxième trimestre 2025.

Transition vers les appels d’offres pour le segment 100-500 kWc

Le segment 100-500 kWc connaît la transformation la plus radicale. Le tarif d’achat s’établit à 88,6 €/MWh, soit une baisse de 6,8% par rapport à la structure précédente.

Cette tranche bascule vers un nouveau modèle de soutien basé sur des appels d’offres simplifiés. Le lancement est prévu pour septembre 2025. Les volumes et la régularité de ces sessions restent incertains.

Les volumes de DCR pour ce segment ont dépassé de 230% l’objectif au deuxième trimestre 2025, atteignant même 5,3 fois l’objectif du premier trimestre.

Réactions contrastées de la filière photovoltaïque

Les professionnels du secteur manifestent des réactions mitigées face à ces évolutions. L’industrie s’interroge sur la cohérence des orientations gouvernementales.

Inquiétudes sur l’avenir des projets de moyenne puissance

Les installateurs et développeurs craignent une année blanche après une dynamique positive en 2024 avec près de 5 GW de nouveaux raccordements. La baisse des tarifs pour les segments supérieurs et l’incertitude entourant les appels d’offres alimentent ce pessimisme.

La puissance cumulée des demandes de raccordement complètes s’élevait à 1154 MWc au deuxième trimestre. Ce chiffre reste en baisse par rapport aux 2307 MWc du premier trimestre.

Adaptation nécessaire des modèles économiques

Pour les petits investisseurs résidentiels, l’accent mis sur l’autoconsommation nécessite une réévaluation des modèles économiques. La stabilité des incitations et la simplification administrative maintiennent l’attractivité du segment.

Les entreprises EPC et les développeurs doivent optimiser la conception de leurs systèmes. La conformité aux normes de sécurité incendie et la performance thermique des câbles deviennent cruciales. Les délais d’approvisionnement s’adaptent aux futurs calendriers des appels d’offres.

Questionnements sur la stratégie énergétique nationale

L’industrie s’interroge sur la cohérence des motivations gouvernementales. Le gouvernement souhaite soutenir une filière de production de panneaux solaires en France tout en réduisant le soutien au marché domestique.

La CRE avait elle-même exprimé des préoccupations sur des variations tarifaires potentiellement excessives dues à la dégressivité. Ces ajustements reflètent la volonté de concilier développement de la filière et maîtrise des dépenses publiques.