La France affiche une croissance solaire record avec 1,2 GW au 1er trimestre 2025

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France affiche une croissance record en solaire avec 1,2 GW au premier trimestre 2025
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La France poursuit sur sa lancée record en matière d’installations photovoltaïques. Au premier trimestre 2025, le pays a raccordé 1,2 GW de nouvelles capacités solaires, soit une augmentation de 15% par rapport à la même période en 2024. Cette progression maintient le cap vers l’objectif gouvernemental de 100 GW de puissance installée d’ici 2050, mais des défis persistent quant à la répartition des installations et aux capacités de raccordement du réseau.


À retenir

  • 1,2 GW de nouvelles capacités photovoltaïques raccordées au premier trimestre 2025 (+15% sur un an)
  • Les grandes centrales au sol représentent 45% des nouveaux raccordements
  • La puissance totale du parc solaire français atteint désormais 27,8 GW
  • La région Nouvelle-Aquitaine reste en tête avec 23% des nouvelles installations
  • Enedis signale des tensions croissantes sur les capacités de raccordement dans certaines zones

Une dynamique solaire qui se maintient en ce début d’année 2025

Le photovoltaïque français démarre l’année 2025 sur des bases solides. Avec 1,2 gigawatt de nouvelles capacités raccordées entre janvier et mars, le secteur affiche une croissance de 15% par rapport au premier trimestre 2024. Cette progression confirme la tendance observée depuis plusieurs années et témoigne de l’attractivité croissante de cette énergie renouvelable.

La puissance cumulée du parc photovoltaïque français atteint désormais 27,8 GW, contre 22,3 GW à la même période l’an dernier. Cette accélération s’inscrit dans la trajectoire fixée par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), qui vise 100 GW de capacité solaire installée d’ici 2050.

Le dynamisme du secteur s’explique notamment par la baisse continue des coûts des équipements, la stabilité des dispositifs de soutien public et une prise de conscience croissante des enjeux climatiques. La filière bénéficie également d’un cadre réglementaire plus favorable depuis l’adoption de la loi d’accélération des énergies renouvelables en 2023.

Répartition des installations par segment

L’analyse détaillée des raccordements du premier trimestre révèle une prépondérance des grandes installations. Les centrales au sol et les grandes toitures représentent 45% des nouvelles capacités, soit environ 540 MW. Ce segment bénéficie d’économies d’échelle significatives et d’une meilleure rentabilité.

Les installations de moyenne puissance (36 à 250 kW), principalement sur des bâtiments commerciaux et industriels, comptent pour 32% des nouveaux raccordements, soit environ 384 MW. Ce segment connaît une croissance soutenue, portée par la volonté des entreprises de maîtriser leurs coûts énergétiques et d’améliorer leur bilan carbone.

Le segment résidentiel (moins de 36 kW) totalise quant à lui 23% des raccordements, soit environ 276 MW. L’autoconsommation demeure le principal moteur de ce marché, avec près de 85% des nouvelles installations équipées de dispositifs permettant de consommer directement l’électricité produite.

Des disparités régionales persistantes

La distribution géographique des nouvelles installations photovoltaïques reste inégale sur le territoire français. La Nouvelle-Aquitaine conserve sa position de leader avec 23% des nouveaux raccordements au premier trimestre 2025, suivie par l’Occitanie (18%) et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (15%).

Ces trois régions du sud de la France, bénéficiant d’un ensoleillement optimal, concentrent à elles seules plus de la moitié des nouvelles capacités installées. À l’inverse, les régions Bretagne, Normandie et Hauts-de-France affichent des chiffres plus modestes, avec respectivement 2,5%, 2% et 2,8% des raccordements du trimestre.

Les tensions sur le réseau de distribution

L’accélération du déploiement photovoltaïque n’est pas sans conséquence sur les infrastructures électriques. Enedis, gestionnaire du réseau de distribution, signale des tensions croissantes dans certaines zones à forte concentration d’installations solaires.

« Nous faisons face à des défis importants dans certains départements ruraux où le réseau n’a pas été dimensionné pour accueillir autant de production décentralisée », explique Marie Deschamps, directrice des raccordements chez Enedis. « Dans le Lot-et-Garonne ou les Landes par exemple, les délais de raccordement peuvent atteindre 12 à 18 mois pour les projets de grande puissance. »

Le gestionnaire de réseau a annoncé début 2025 un plan d’investissement de 3,5 milliards d’euros sur trois ans pour renforcer ses infrastructures dans les zones les plus sollicitées. Ces travaux visent notamment à adapter le réseau de distribution à la multiplication des sources de production décentralisées.

Perspectives et défis pour 2025

Si la dynamique observée au premier trimestre se maintient, la France pourrait installer entre 4,5 et 5 GW de nouvelles capacités photovoltaïques sur l’ensemble de l’année 2025, dépassant ainsi le record de 4,3 GW établi en 2023.

La filière reste néanmoins confrontée à plusieurs défis, parmi lesquels la disponibilité des terrains pour les centrales au sol, la complexité des procédures administratives et les limitations des réseaux électriques dans certaines régions.

L’impact des nouvelles mesures gouvernementales

Le gouvernement a récemment annoncé plusieurs mesures visant à accélérer encore le déploiement du solaire. Parmi elles, l’obligation d’installer des panneaux photovoltaïques sur les nouveaux bâtiments commerciaux et industriels de plus de 500 m², ainsi que sur les parkings de plus de 80 places.

« Ces dispositions pourraient générer jusqu’à 500 MW supplémentaires par an à partir de 2026 », estime Thomas Chrétien, président du Syndicat des professionnels de l’énergie solaire (SPES). « Mais leur efficacité dépendra largement de la capacité des pouvoirs publics à simplifier les démarches administratives et à lever les freins au raccordement. »

Le gouvernement a également annoncé une refonte des tarifs de rachat de l’électricité solaire pour le second semestre 2025, avec une volonté affichée de mieux soutenir les installations en toiture, particulièrement sur les bâtiments agricoles et industriels.

Les enjeux de souveraineté industrielle

La question de la production des équipements photovoltaïques reste un sujet de préoccupation pour la filière française. Plus de 90% des panneaux installés en France sont actuellement importés, principalement d’Asie.

Plusieurs initiatives industrielles ont émergé ces dernières années pour relocaliser une partie de la production. L’usine Carbon à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) a démarré sa production en janvier 2025, avec une capacité initiale de 400 MW par an, extensible à 1 GW d’ici 2027.

« La filière européenne du photovoltaïque commence à se structurer, mais elle reste fragile face à la concurrence internationale », souligne Philippe Martin, analyste au sein de l’Observatoire de l’énergie. « Les investissements dans les capacités de production doivent être soutenus par des politiques publiques ambitieuses pour atteindre une taille critique. »

L’enjeu est double : réduire la dépendance aux importations tout en créant des emplois qualifiés sur le territoire national. Selon les estimations de l’ADEME, chaque gigawatt de capacité de production photovoltaïque pourrait générer entre 800 et 1 200 emplois directs.

Les performances du premier trimestre 2025 confirment ainsi la montée en puissance du solaire dans le mix énergétique français. Si la tendance se poursuit, cette énergie renouvelable pourrait contribuer de manière significative à l’objectif de neutralité carbone fixé pour 2050, tout en créant des opportunités économiques et industrielles sur l’ensemble du territoire.