La Belgique prévoit 33 GW de solaire d’ici 2035

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Belgique prévoit 33 6 GW de solaire d’ici 2035 face au défi des réseaux
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La Belgique va tripler sa capacité photovoltaïque d’ici 2035. Le gestionnaire de réseau Elia table sur 33,6 GW installés, contre 8,9 GW fin 2022. Cette accélération traduit la volonté de Bruxelles de répondre aux exigences européennes et de sécuriser son approvisionnement électrique.


À retenir

  • Capacité PV belge : 8,9 GW fin 2022 → 33,6 GW fin 2035.
  • Objectif intermédiaire : 22,5 GW fin 2030.
  • 1,04 GW supplémentaires installés en 2022, essentiellement sur les toits résidentiels.
  • Le nouveau Plan National Énergie-Climat aligne la Belgique sur la Directive RED II de l’UE.
  • Elia prévoit 7,6 GW d’éolien offshore à l’horizon 2035.
  • Mécanisme de Rémunération de la Capacité et stockage batteries indispensables pour stabiliser le réseau.

La Belgique trace la trajectoire vers un parc solaire de 33,6 GW

Le rapport 2024 du gestionnaire de réseau Elia actualise la feuille de route énergétique du pays. Il rehausse la cible de capacité photovoltaïque installée à 33,6 GW pour 2035. Objectif intermédiaire : 22,5 GW d’ici 2030. À titre de comparaison, la projection d’Elia de 2017 tablait sur seulement 18 GW en 2040.

Capacité PV : progression linéaire mais soutenue

Entre 2025 et 2030, la Belgique ajoute 10 GW supplémentaires. Le rythme annuel moyen atteint 1,9 GW, contre 1,04 GW en 2022. Le secteur résidentiel continue de représenter l’essentiel des mises en service. Les panneaux solaires y restent le vecteur le plus rapide à déployer grâce à la baisse des coûts et aux soutiens régionaux.

Elia pilote la planification et l’intégration réseau

Elia produit chaque année un scénario de développement à 10 ans. Le document sert de base aux décisions d’investissement public et privé. Il intègre les contraintes techniques (volatilité du PV, pics de consommation) et les scénarios de demande liés à l’électrification des transports et du chauffage.

Alignement européen via le Plan National Énergie-Climat

La version révisée du Plan National Énergie-Climat (NECP) transpose la Directive RED II. Le Conseil des ministres a approuvé la mouture finale en juin 2024. Elle prévoit un mix renouvelable dominant dans la production d’électricité. Objectif secondaire : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990.

Défis de flexibilité et sécurité d’approvisionnement

L’explosion de la capacité solaire pose la question de la stabilité réseau. La production PV est par nature fluctuante. Elle génère des excédents en journée et zéro production la nuit. Le système belge doit donc gérer simultanément de plus en plus de variables renouvelables et une demande croissante due à la chaleur et à la mobilité électriques.

Croissance renouvelable versus stabilité réseau

Elia estime qu’après 2028, des capacités d’appoint supplémentaires seront indispensables. Le gestionnaire va puiser dans deux leviers : le Mécanisme de Rémunération de la Capacité (CRM) et le développement massif du stockage batteries. Le CRM rémunère les producteurs thermiques ou stockage pour rester disponibles en cas de tension sur le réseau.

CRM et stockage batteries : garantir la fiabilité

Les premières enchères CRM ont déjà mis en service plus de 800 MW de batteries lithium-ion. Le prochain appel d’offres, en 2025, visera 1 GW de flexibilité additionnelle. Le mécanisme permet aussi de maintenir la capacité thermique existante comme ultime recours en hiver. La limitation volontaire des énergies renouvelables complète le dispositif pour éviter les surcharges.

Électrification et numérisation : un système en mutation

Les secteurs transport et bâtiment passent à l’électricité. La consommation totale augmente de 2 % par an selon Elia. La numérisation des compteurs intelligents et la réponse côté consommateur (flexibilité tarifaire) participent à l’équilibrage du réseau. Objectif : limiter les pics de demande et valoriser les surplus solaires.

Économies régionales et impacts macro-économiques

La transition photovoltaïque belge dépend des trois régions. Flandre concentre 70 % de la capacité actuelle. Wallonie et Bruxelles disposent d’un potentiel résidentiel encore peu exploité. L’augmentation des objectifs crée des opportunités d’emplois locaux et réduit la facture énergétique nationale.

Cartographie des régions et dynamiques réglementaires

Fin 2022, la Flandre totalise 8,2 GW, la Wallonie 0,7 GW et Bruxelles 0,18 GW. Chaque région gère ses propres certificats verts et autorisations de raccordement. Le gouvernement fédéral coordonne le cadre via le NECP. Les régions wallonne et bruxelloise annoncent des couloirs administratifs accélérés pour les installations < 10 kW.

Création d’emplois et sécurité énergétique

Le secteur PV emploie aujourd’hui 18 000 personnes en Belgique. Elia anticipe 30 000 emplois directs d’ici 2035, notamment dans la filière batteries et la maintenance. Sur le plan sécuritaire, la production locale réduit la dépendance aux importations de gaz et d’électricité. Les émissions évitées atteignent 9 Mt de CO₂ par an en 2035.

Perspectives 2035 : un mix dominé par le solaire

En 2035, le photovoltaïque couvre 35 % de la consommation électrique nationale, l’éolien offshore 20 %, le nucléaire 15 %. Les interconnexions avec les pays voisins équilibrent les surplus et déficits saisonniers. Le scénario d’Elia montre qu’un système hautement renouvelable est techniquement faisable à condition de déployer 6 GW de stockage et de maintenir les mécanismes de capacité.