Un mémorandum de coopération signé entre la centrale nucléaire de Tchernobyl et les autorités de Slavutych en juin 2025 lance un projet ambitieux de développement touristique post-conflit. Cette initiative vise à transformer l’image de la région de Tchernobyl, passant d’un symbole de catastrophe nucléaire à un territoire de renaissance et de résilience. Le projet s’inscrit dans une stratégie de reconstruction de l’Ukraine après l’invasion russe qui a interrompu le tourisme florissant dans la zone d’exclusion.
À retenir
- Signature d’un mémorandum de coopération entre la centrale de Tchernobyl et Slavutych en juin 2025
- Projet de transformation touristique post-conflit de la région
- Zone d’exclusion de 4200 km² reconnue comme troisième plus grande réserve naturelle d’Europe continentale
- Interruption du tourisme depuis l’invasion russe de février 2022
- Stratégie axée sur l’éducation, la mémoire historique et la résilience
L’initiative de développement touristique post-conflit
Le mémorandum signé entre la centrale nucléaire de Tchernobyl et la ville de Slavutych marque une étape cruciale dans la reconstruction de l’Ukraine. Cette coopération stratégique vise à développer une offre touristique durable centrée sur la mémoire historique et la résilience.
Un partenariat stratégique pour la relance
La coopération entre les deux entités s’articule autour du soutien au musée de Slavutych et à son centre d’information touristique. Le projet prévoit l’expansion des expositions consacrées à l’histoire de la centrale de Tchernobyl, à la construction de Pripyat et de Slavutych, ainsi qu’à la gestion des conséquences de l’accident de 1986.
Objectifs et ambitions du projet
L’initiative poursuit plusieurs objectifs : augmenter l’attractivité touristique de la région, préserver la mémoire historique et forger une image positive à l’échelle nationale et internationale. Le projet vise à revitaliser le territoire en transformant l’image négative de Tchernobyl en un symbole de récupération et de régénération.

Slavutych au cœur de la renaissance
Slavutych, construite à 45 km à l’est de Tchernobyl pour accueillir les évacués de Pripyat après l’accident de 1986, aspire à dépasser son statut de « ville atomique ». La ville adopte le slogan Slavutych est la ville des nouvelles idées et a été désignée capitale culturelle secondaire en 2021.
Contexte historique et évolution du tourisme à Tchernobyl
L’histoire du tourisme dans la zone de Tchernobyl illustre les transformations radicales qu’a subies cette région depuis la catastrophe de 1986. L’évolution récente montre comment les conflits géopolitiques affectent directement les projets de développement touristique.
La catastrophe de 1986 et la zone d’exclusion
L’accident de Tchernobyl d’avril 1986 a créé une zone d’exclusion de 4200 km², majoritairement inhabitée. L’unité 3 de la centrale a cessé ses opérations en 2000. Un abri de confinement initial a été érigé sur les ruines de l’unité 4, puis remplacé par le New Safe Confinement (NSC), le plus grand sarcophage au monde.
Le tourisme avant l’invasion de 2022
Avant l’invasion russe de février 2022, une industrie touristique florissante s’était développée dans la zone. Cette croissance était encouragée par le décret du président Volodymyr Zelensky de 2019, qui visait à faire de la zone d’exclusion un pôle de croissance pour l’Ukraine en supprimant l’interdiction de filmer et en promouvant le tourisme.
L’impact du conflit et les défis actuels
L’invasion russe a brutalement interrompu l’activité touristique. Les forces russes ont occupé le site pendant deux mois. Le NSC a été endommagé par une frappe de drone, et la zone reste une zone de guerre. La reprise du tourisme régulier demeure incertaine et serait très différente de l’offre précédente, potentiellement « dé-soviétisée ».
Efforts de « rewilding » et potentiel écologique
Malgré la catastrophe, la zone d’exclusion est devenue un havre pour la faune sauvage : lynx, bisons, cerfs y prospèrent. Le programme environnemental des Nations Unies reconnaît cette zone comme la troisième plus grande réserve naturelle d’Europe continentale, un exemple remarquable de « rewilding » accidentel.
Stratégies et axes de développement
Le projet de développement touristique mise sur une approche éducative et culturelle pour transformer l’image de la région. Cette stratégie s’appuie sur la formation de spécialistes et l’organisation d’événements thématiques pour attirer un public international.

Offre éducative et culturelle
Le modèle de tourisme durable privilégie l’éducation historique et met en avant la résilience de la population. L’accent est mis sur la transmission de l’histoire aux générations futures, transformant Slavutych en centre d’apprentissage sur les conséquences de l’accident nucléaire et les efforts de reconstruction.
Formation des guides et chercheurs
Le projet prévoit des formations et séminaires destinés aux guides touristiques et chercheurs spécialisés en énergie nucléaire, écologie et histoire de Tchernobyl. Cette montée en compétences vise à garantir la qualité de l’information transmise aux visiteurs et à développer une expertise locale reconnue.
Événements thématiques et attractivité internationale
Des excursions thématiques et des événements culturels et éducatifs sont prévus : conférences, festivals, voyages d’études. Ces initiatives impliquent des spécialistes de la centrale de Tchernobyl, des organisations locales, des scientifiques et des touristes pour renforcer l’attractivité internationale et revitaliser l’économie régionale.
La résilience face aux défis
Malgré les défis persistants liés au conflit, les autorités de Slavutych et de Tchernobyl s’engagent dans des plans de développement à long terme. Elles présentent la région comme un symbole de résilience, démontrant la capacité de l’Ukraine à transformer ses traumatismes en opportunités de renaissance.









