La Belgique ferme son plus ancien réacteur nucléaire

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Nucléaire belge: Doel-1 s'éteint après 50 ans de service ininterrompu
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La centrale nucléaire de Doel en Belgique a définitivement arrêté son plus ancien réacteur, Doel-1, après 50 ans de service ininterrompu. Cette fermeture s’inscrit dans le cadre de la loi belge de sortie progressive du nucléaire adoptée en 2003, bien que le gouvernement actuel envisage un renouveau du secteur. L’arrêt de Doel-1 marque une étape importante dans l’histoire énergétique belge et soulève des questions cruciales sur l’avenir du mix électrique du pays.

Histoire et contexte de la centrale nucléaire de Doel

Un demi-siècle de production électrique

Le réacteur Doel-1, mis en service en 1975, a été le premier des quatre réacteurs installés sur le site de Doel, situé sur les rives de l’Escaut en Flandre-Orientale. Avec une puissance de 445 MWe, cette unité a contribué pendant 50 ans à la production d’électricité décarbonée en Belgique. Sa construction s’inscrivait dans le programme nucléaire belge lancé dans les années 1960 pour réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles.

Caractéristiques techniques du réacteur

Doel-1 utilisait la technologie des réacteurs à eau pressurisée (REP), une conception éprouvée qui équipe la majorité des centrales nucléaires dans le monde. Ce type de réacteur utilise de l’eau ordinaire comme fluide caloporteur et modérateur. Le système comprend trois circuits distincts : le circuit primaire contenant l’eau sous pression, le circuit secondaire où l’eau est transformée en vapeur pour actionner les turbines, et le circuit de refroidissement connecté à l’Escaut.

La politique nucléaire belge en évolution

La fermeture de Doel-1 s’inscrit dans le cadre de la loi de 2003 sur la sortie progressive du nucléaire. Cependant, le contexte énergétique actuel a conduit le gouvernement belge à revoir sa position. En effet, les autorités envisagent désormais de prolonger l’exploitation de certains réacteurs plus récents et même de construire de nouvelles unités. Cette évolution témoigne des défis complexes liés à la transition énergétique et à la sécurité d’approvisionnement.

Processus de fermeture et implications techniques

Étapes du processus d’arrêt

L’arrêt définitif de Doel-1 s’est déroulé le 14 février 2025 à 21h37, sous la supervision de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (FANC). La procédure suit un protocole strict comprenant plusieurs phases : l’arrêt de la réaction en chaîne, le refroidissement progressif du cœur, et la dépressurisation des circuits. Cette phase initiale requiert une attention particulière pour garantir la sécurité des opérations.

Gestion du combustible usé

Les assemblages de combustible seront extraits du cœur du réacteur et transférés dans des piscines de désactivation. Ils y resteront immergés pendant plusieurs années pour permettre la décroissance de leur radioactivité. Cette étape est cruciale car elle conditionne la suite des opérations de démantèlement. Le combustible usé sera ensuite conditionné et entreposé dans des installations spécialisées.

Futures étapes du démantèlement

Le démantèlement complet de l’installation s’étendra sur plusieurs décennies. Il comprendra la décontamination des circuits, le démontage des équipements, et la déconstruction des bâtiments. L’objectif final est de restituer un site propre, permettant d’autres usages. Ce processus mobilisera des compétences spécialisées et des moyens techniques importants.

Nucléaire belge: Doel-1 s'éteint après 50 ans de service ininterrompu

Impact sur le système électrique belge

Contribution historique à la production d’électricité

Doel-1 a fourni en moyenne 3,5 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation de près de 1 million de foyers belges. Cette production décarbonée a contribué significativement à limiter les émissions de CO2 du secteur électrique belge. La centrale de Doel dans son ensemble représentait environ 15% de la production électrique nationale.

Solutions de remplacement

Pour compenser l’arrêt de Doel-1, la Belgique devra recourir à un mix de solutions : développement des énergies renouvelables, optimisation des interconnexions avec les pays voisins, et potentiellement, utilisation accrue des centrales à gaz. Cette transition nécessite une planification minutieuse pour maintenir la sécurité d’approvisionnement.

Perspectives énergétiques futures

Le gouvernement belge prévoit de doubler sa capacité de production nucléaire à l’horizon 2040. Ce plan inclut la prolongation de Doel-4 et Tihange-3, ainsi que l’éventuelle construction de nouveaux réacteurs, notamment des SMR (Small Modular Reactors). Cette stratégie vise à concilier décarbonation et sécurité énergétique.

À retenir :

  • Doel-1 a été arrêté définitivement le 14 février 2025 après 50 ans de service
  • Le réacteur produisait 445 MWe d’électricité décarbonée
  • Le démantèlement complet prendra plusieurs décennies
  • La Belgique prévoit de doubler sa capacité nucléaire d’ici 2040
  • La gestion du combustible usé nécessitera un suivi sur plusieurs années