Le Maroc lance la construction de la plus longue autoroute électrique du continent africain. Cette ligne à très haute tension de 1 400 kilomètres reliera le Sud au Centre du pays d’ici 2028. Un financement de 300 millions d’euros, mobilisé auprès de partenaires européens, soutient ce projet stratégique.
À retenir
- 1 400 km : longueur de la future ligne à très haute tension reliant le Sud au Centre du Maroc
- 3 000 MW : capacité totale prévue en deux phases (1 500 MW en 2026 et 1 500 MW en 2028)
- 300 millions d’euros : financement obtenu auprès de la BEI, KfW et l’Union européenne
- 1 200 MW : capacités renouvelables additionnelles prévues par le consortium
- 900 millions de m³/an : capacité de dessalement d’eau de mer prévue
- 4,5 dirhams HT/m³ : tarif cible pour l’eau dessalée alimentée par énergies renouvelables
Une infrastructure stratégique pour la sécurité énergétique nationale
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pilote la construction d’une autoroute électrique sans précédent au Maroc. Cette ligne à très haute tension s’étendra sur 1 400 kilomètres entre les régions du Sud et du Centre du pays.
Une réponse aux besoins urgents d’évacuation des énergies renouvelables
Le projet répond à un impératif national : évacuer l’électricité verte produite dans les provinces du Sud vers les centres de consommation. Les régions sahariennes du Maroc abritent d’importants parcs solaires et éoliens. Leur électricité doit désormais parcourir le territoire sans perte ni interruption.
L’infrastructure sécurise également l’alimentation électrique des provinces du Sud. Elle constitue un maillon essentiel de l’indépendance énergétique du Royaume. Le projet s’inscrit dans les stratégies hydrique et énergétique nationales, définies comme prioritaires par les autorités.
Un financement européen de 300 millions d’euros validé
L’ONEE a obtenu un financement de 300 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement, de la Banque allemande de développement et de l’Union européenne. Cette enveloppe financière renforce le réseau électrique national et accélère le développement des capacités renouvelables.

Des acteurs majeurs mobilisés pour la réalisation
Le projet rassemble l’ensemble des compétences nationales et internationales disponibles sur le marché. Chaque acteur joue un rôle spécifique dans la chaîne de réalisation.
L’ONEE : maître d’ouvrage et coordinateur des études
L’ONEE assure la maîtrise d’ouvrage de ce projet d’envergure. L’Office a confié les études d’impact environnemental et social au cabinet Novec, filiale du groupe CDG. Cette société d’ingénierie publique a remporté les trois lots du marché, devant ses concurrents GCIM, Phenixa et Hydraumet.
Les études couvrent trois secteurs géographiques précis : la station de conversion Oued Lekraâ et le tronçon Oued Lekraâ-Tan Tan, le tronçon Tan Tan-Marrakech, ainsi que la station de conversion de Mediouna et le tronçon Marrakech-Mediouna.
Un consortium puissant pour la réalisation des travaux
En mai 2025, l’ONEE a attribué le marché de réalisation au consortium formé du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I), de Taqa Morocco et de Nareva. Ces trois entités ont paraphé les protocoles d’accord avec l’État et l’Office.
Taqa Morocco, filiale du groupe émirati Taqa, apporte son expertise internationale dans la gestion des infrastructures énergétiques. Nareva représente l’engagement marocain dans le développement des énergies renouvelables.

Une approche progressive pour une mise en service rapide
La construction suit un calendrier précis en deux phases. Cette méthode permet une mise en service progressive tout en garantissant la qualité des infrastructures.
Des capacités de 1 500 MW par phase
La première phase développe une capacité de transport de 1 500 mégawatts. Elle devient opérationnelle en 2026. La seconde phase, également de 1 500 mégawatts, entre en service en 2028. Cette échelonnement permet d’accompagner la croissance des productions renouvelables.
Un tracé optimisé pour maximiser l’efficacité
Les 1 400 kilomètres de ligne traversent les régions productrices d’électricité verte. Le tracé relie Oued Lekraâ, Tan Tan, Marrakech et Mediouna. Chaque station de conversion est dimensionnée pour gérer les flux importants d’électricité renouvelable.
Une vision intégrée pour l’eau, l’énergie et le développement durable
Le programme dépasse la simple infrastructure électrique. Il intègre des composantes hydriques et énergétiques complémentaires pour répondre aux défis nationaux.
1 200 MW de capacités renouvelables supplémentaires
Le consortium développe 1 200 mégawatts de capacités renouvelables en parallèle de la ligne électrique. Cette production verte alimente le réseau national et renforce la part d’énergies renouvelables dans le mix énergétique marocain.
900 millions de m³ d’eau dessalée par an
Des stations de dessalement d’eau de mer d’une capacité totale de 900 millions de mètres cubes par an seront construites. Ces installations fonctionnent exclusivement avec des énergies renouvelables. Le tarif cible est fixé à 4,5 dirhams hors taxe par mètre cube.
Infrastructures de transfert d’eau entre bassins
Un système de transfert d’eau connecte les bassins de l’Oued Sebou et de l’Oued Oum Er-Rabia. Cette infrastructure déplace 800 millions de mètres cubes d’eau par an pour lutter contre le stress hydrique national.
Des centrales à cycle combiné au gaz naturel de 1 500 mégawatts complètent le dispositif sur le site de Tahaddart. Elles garantissent la résilience du système électrique national en cas de besoin.









