L’électricité mondiale a passé 40% d’énergie propre en 2024

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La production électrique mondiale franchit le cap des 40% d'énergie propre
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La production électrique mondiale vient de franchir un cap historique en dépassant pour la première fois le seuil de 40% d’énergie propre. Cette avancée repose principalement sur la croissance record des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, qui représentent désormais plus de 30% de la production électrique mondiale. Malgré ce progrès significatif, près de 60% de l’électricité mondiale reste produite à partir de combustibles fossiles.


À retenir

  • L’électricité mondiale est produite à plus de 40% à partir de sources propres (renouvelables et nucléaire) en 2024
  • Les énergies renouvelables seules franchissent le cap des 30% de la production mondiale
  • Le solaire est pour la 19ème année consécutive la source d’électricité connaissant la croissance la plus rapide
  • Les combustibles fossiles représentent encore près de 60% de la production mondiale d’électricité
  • La Chine reste le principal moteur de croissance des capacités solaires et éoliennes dans le monde

Un tournant dans la transition énergétique mondiale

Le franchissement du seuil de 40% d’énergie propre dans la production électrique mondiale en 2024 marque une étape décisive. Ce jalon, documenté par le think tank Ember Energy, reflète les efforts croissants pour décarboner le secteur électrique, premier émetteur de CO2 au niveau mondial.

Pour la première fois également, les énergies renouvelables dépassent à elles seules 30% de la production électrique mondiale. Le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la biomasse et la géothermie constituent désormais près d’un tiers de l’électricité produite sur la planète.

L’énergie nucléaire, avec une contribution d’environ 9-10% de la production mondiale, complète ce tableau de l’énergie propre. Sa part reste relativement stable au fil des années, contrairement aux énergies renouvelables qui connaissent une croissance accélérée.

Le solaire et l’éolien, moteurs de cette transformation

Le solaire bat tous les records de croissance pour la 19ème année consécutive. En 2023, sa progression avait déjà permis d’ajouter deux fois plus de nouvelle production que le charbon. Cette tendance s’est maintenue en 2024.

L’éolien poursuit également sa forte croissance, contribuant significativement à l’atteinte du seuil des 30% pour les renouvelables. La combinaison de ces deux sources d’énergie transforme rapidement le mix électrique mondial.

Les fossiles toujours dominants malgré leur recul

Malgré cette avancée prometteuse, les combustibles fossiles représentent encore près de 60% de la production mondiale d’électricité. Le charbon reste la principale source d’électricité au niveau mondial, même si sa croissance montre des signes de ralentissement.

La montée en puissance des énergies renouvelables commence toutefois à freiner la croissance de la production d’électricité à partir de sources fossiles. Selon Ember Energy, les émissions du secteur électrique mondial pourraient avoir atteint leur pic en 2023.

Des disparités régionales dans la transition énergétique

La Chine s’impose comme le principal moteur de la croissance mondiale de l’énergie solaire et éolienne. En 2023, elle représentait environ 51% des nouvelles capacités solaires et 60% des nouvelles capacités éoliennes installées dans le monde. Cette tendance s’est confirmée en 2024.

L’Union Européenne poursuit activement sa transition énergétique avec une augmentation notable de sa production renouvelable. Les États-Unis contribuent également de manière significative à la croissance des énergies propres, particulièrement dans le domaine du solaire.

L’Inde voit son parc solaire se développer rapidement, mais sa dépendance au charbon reste forte pour satisfaire une demande énergétique en constante progression. D’autres pays comme le Brésil ou l’Australie affichent également des parts élevées ou en forte croissance d’énergies renouvelables.

Une trajectoire encourageante mais insuffisante

Le franchissement du seuil de 40% d’énergie propre en 2024 constitue une avancée positive pour la lutte contre le changement climatique. Cependant, le rythme actuel demeure insuffisant pour atteindre les objectifs internationaux.

L’engagement pris lors de la COP28 à Dubaï de tripler la capacité mondiale d’énergies renouvelables d’ici 2030 nécessite une accélération continue et soutenue des déploiements solaires et éoliens. La possible atteinte du pic des émissions du secteur électrique en 2023 représenterait une étape cruciale, mais une confirmation nécessitera l’analyse des données consolidées des prochaines années.

Des défis persistants pour accélérer la transition

Le développement des infrastructures de réseau constitue un enjeu majeur. Des investissements massifs sont nécessaires pour adapter les réseaux électriques à l’intégration fiable des sources renouvelables variables comme le solaire et l’éolien.

Le déploiement de solutions de stockage d’énergie (batteries, pompage-turbinage) devient également crucial pour pallier l’intermittence des renouvelables et garantir la stabilité des réseaux électriques.

Les analystes d’Ember soulignent le rôle « monumental » du solaire et de l’éolien dans la transformation du système énergétique mondial. Dave Jones, Directeur des analyses de données chez Ember, met régulièrement en avant la rapidité de la croissance solaire et son impact potentiel sur le pic des émissions fossiles.

Financement et équité de la transition

La mobilisation des financements nécessaires, en particulier pour les pays en développement, reste un défi de taille. Assurer une transition énergétique juste, qui ne laisse personne de côté, notamment dans les économies dépendantes des combustibles fossiles, constitue également une préoccupation majeure.

Les obstacles liés aux chaînes d’approvisionnement, aux procédures d’obtention de permis et à l’acceptabilité sociale des projets renouvelables doivent être surmontés pour accélérer le déploiement des énergies propres.

Le secteur de l’électricité apparaît comme le premier secteur majeur à voir ses émissions diminuer grâce aux renouvelables. Cette évolution ouvre la voie à des réductions d’émissions dans d’autres secteurs, notamment via l’électrification des transports et de l’industrie. L’atteinte de ce seuil de 40% d’énergie propre témoigne d’une transition énergétique en marche, mais qui nécessite une intensification des efforts pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.