Engie met en service une nouvelle centrale à cycle combiné gaz-vapeur à Flémalle, près de Liège, capable d’alimenter plus d’un million de ménages belges en électricité. Cette installation de 875 mégawatts remplace l’ancienne centrale thermique des Awirs, en cours de démantèlement, et intervient dans un contexte de transition énergétique marquée par la fermeture partielle du nucléaire et l’essor des énergies renouvelables. Malgré des protestations environnementales initiales, la centrale promet une réduction significative des émissions de CO2 grâce à son rendement élevé.
À retenir
- Capacité installée de 875 mégawatts, alimentant plus d’un million de ménages.
- Investissement de 500 millions d’euros, avec 500 emplois moyens sur le chantier.
- Rendement supérieur à 63 %, réduisant les émissions de CO2 de 20 % par rapport aux anciennes centrales.
- Potentiel de neutralité carbone d’ici 2030 via gaz renouvelables comme l’hydrogène vert.
- Mise en service complète prévue le 1er novembre 2025, après un premier allumage en août 2025.
- Protestations d’activistes en 2023 contre l’utilisation de gaz naturel fossile.
La centrale de Flémalle s’inscrit dans les efforts de la Belgique pour sécuriser son approvisionnement électrique face à l’intermittence des énergies renouvelables et à l’évolution du parc nucléaire. Ce projet, emblématique pour Engie, illustre un pragmatisme nécessaire : combiner gaz naturel et flexibilité pour stabiliser le réseau, tout en préparant une décarbonation progressive. Il est crucial aujourd’hui pour les ménages et industries belges, dépendant d’un approvisionnement stable, et pose les bases d’une transition énergétique durable en Europe.
La centrale de Flémalle : un projet clé pour la production électrique
Située sur le site des anciennes Awirs, cette installation marque un tournant dans la production d’énergie en Wallonie.
Localisation et caractéristiques techniques de la centrale au gaz
La nouvelle centrale se trouve à Flémalle, près de Liège, sur l’emplacement de l’ancienne centrale thermique des Awirs, la plus grande de Wallonie jusqu’à son démantèlement achevé fin décembre 2023. Elle utilise une technologie à cycle combiné gaz-vapeur, avec une turbine gaz-vapeur et un générateur de vapeur à récupération de chaleur conçu par John Cockerill, le plus grand au monde. Cette configuration permet un rendement élevé, supérieur à 63 %, contre 5 à 10 % de plus que les centrales existantes. La capacité atteint 875 mégawatts, couvrant les besoins d’environ 1,2 million de ménages belges. Le premier allumage de la turbine à gaz a eu lieu début août 2025, marquant le passage aux essais opérationnels.
Investissement et implications économiques du chantier
L’investissement total s’élève à 500 millions d’euros, financé par Engie et soutenu par le Mécanisme de rémunération de capacité introduit en 2021 par le gouvernement belge. Le chantier a mobilisé en moyenne 500 personnes, générant des emplois locaux en ingénierie et construction. Actuellement, 35 employés, en formation, assureront l’exploitation et la maintenance de l’installation. Tractebel a géré plus de 25 contrats pour l’ingénierie, les achats et la construction, couvrant des domaines comme le mécanique, l’électrique et l’environnemental. La première pierre a été posée le 15 septembre 2023, illustrant un engagement économique fort dans la région wallonne.
Acteurs impliqués et expertise multidisciplinaire
Engie pilote le projet, avec Tractebel en charge de l’expertise technique et John Cockerill pour les composants innovants. Ces partenariats ont permis une construction rapide, malgré un incendie mineur le 6 septembre 2025 au niveau de barrières de paille destinées à réduire la pollution sonore – sans blessés, une enquête est en cours. L’ensemble des acteurs met l’accent sur la sécurité d’approvisionnement et la durabilité du projet. Cette collaboration multidisciplinaire garantit une intégration fluide dans le réseau électrique belge.
Enjeux stratégiques dans la transition énergétique belge
Cette centrale répond aux défis immédiats de flexibilité et de stabilité, tout en s’adaptant aux objectifs climatiques européens.
Sécurité d’approvisionnement et rôle d’amortisseur pour le réseau
En Belgique, la centrale compense la fermeture progressive des centrales nucléaires, décision partiellement inversée récemment. Elle agit comme un amortisseur face aux pics de demande, par exemple en hiver lors des retours du travail, grâce à sa capacité de modulation rapide. L’installation fonctionnera 5 000 à 6 000 heures par an initialement, ce chiffre devant chuter après 2030 avec l’essor des renouvelables. Elle stabilise le réseau électrique, évitant les blackouts potentiels liés à l’intermittence éolienne et solaire. Les subventions via le CRM assurent sa viabilité économique.
Complémentarité avec les énergies renouvelables et le nucléaire
La centrale complète le mix énergétique belge, intégrant énergie renouvelable comme l’éolien et le solaire, intermittents par nature. Elle assure l’équilibre lors des périodes de faible production renouvelable, soutenant ainsi les objectifs climatiques de réduction des émissions. Dans un contexte de transition énergétique, elle bridge la période jusqu’à une dominance des sources bas-carbone. Engie prévoit une production annuelle initiale couvrant une part significative des térawattheures nécessaires au pays. Cette complémentarité renforce la résilience du système électrique wallon et belge.

Performances environnementales et controverses autour des émissions
Malgré ses avancées techniques, le projet suscite des débats sur son impact climatique, traités ici avec objectivité.
Rendement élevé et réduction immédiate des émissions de CO2
Avec un rendement de plus de 63 %, la centrale minimise l’empreinte carbone pour une production thermique au gaz naturel. Elle réduit les émissions de CO2 de 20 %, soit 315 000 tonnes de moins par an, par rapport aux anciennes unités. Cette performance environnementale s’aligne sur les objectifs climatiques européens, limitant les rejets pour une énergie flexible. Le gaz naturel, bien que fossile, offre une alternative plus propre au charbon lors des phases transitoires. Les mesures incluent une optimisation des cycles pour une efficacité maximale.
Perspectives de décarbonation via gaz renouvelables et captage
D’ici 2030, l’installation pourrait devenir neutre en CO2 en intégrant hydrogène vert, biométhane ou méthane de synthèse. Engie prépare aussi des projets de captage de carbone, rendant l’unité adaptable aux chaînes d’approvisionnement futures. Cette vision tourne vers la durabilité, avec une conception évolutive pour les gaz renouvelables. L’entreprise vise une neutralité carbone globale d’ici 2045, positionnant Flémalle comme un atout dans la transition. Ces adaptations renforcent l’adaptabilité face aux évolutions réglementaires.
Protestations des activistes et préoccupations climatiques
En 2023, lors du début de la construction, des centaines d’activistes de Code Rood ont bloqué le site pendant 80 heures, dénonçant une nouvelle infrastructure à combustibles fossiles. Ces protestations soulignent les craintes d’un verrouillage sur le gaz naturel, retardant la sobriété énergétique. Engie rétorque que la centrale est un outil transitoire, essentiel pour la sécurité d’approvisionnement sans aggraver les émissions immédiates. Ce contrepoint met en lumière les tensions entre urgence climatique et besoins pratiques, avec des débats persistants sur la dépendance au gaz. Les opposants appellent à accélérer les renouvelables plutôt qu’à investir dans le fossile.
Vision d’avenir pour Engie et le mix énergétique belge
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large, préparant un avenir bas-carbone.
Intégration stratégique dans le paysage énergétique
Engie voit Flémalle comme emblématique de sa transition vers un système plus propre, complétant stockage et production renouvelable. Elle renforce le mix énergétique belge, assurant croissance et praticité pour les usagers. L’installation soutient les objectifs climatiques, en minimisant les émissions dès sa mise en service le 1er novembre 2025. Cette intégration favorise une efficacité accrue du réseau, face aux défis européens.
Rôle dans la stabilité et l’économie
En période de pics de demande, elle évite les importations coûteuses, boostant l’économie locale. Les 35 opérateurs formés incarnent cet engagement en emplois durables.
Engagement vers la neutralité carbone et la durabilité
Engie ambitionne une neutralité carbone en 2045, avec Flémalle conçue pour des émissions minimales et une évolution vers le zéro carbone. L’accent porte sur la haute performance, alignée sur la sobriété et l’efficacité. Ce projet illustre un pragmatisme européen, balançant innovation et contraintes actuelles pour un avenir résilient.









