L’Union européenne vient d’enregistrer en 2024 la baisse historique de la production et de la consommation de charbon, avec respectivement 242 et 306 millions de tonnes. Cette annonce d’Eurostat, publiée le 3 juillet 2025, confirme une tendance lourde amorcée il y a trente-cinq ans et accélérée par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.
À retenir
- Production de charbon en UE : 242 millions de tonnes en 2024, plus bas historique.
- Consommation : 306 millions de tonnes en 2024, –13 % sur un an.
- Part du charbon dans l’électricité : 12 % en 2023 contre 16 % en 2022.
- Importations de houille russe : chute de 98 % entre 2021 et 2023.
- 67 % de la houille consommée dans l’UE est importée, contre 95 % pour le pétrole et 90 % pour le gaz.
Déclin historique de la production et de la consommation de charbon dans l’UE
L’article d’Eurostat du 3 juillet 2025 dresse un constat sans précédent : la production de charbon tombe à 242 millions de tonnes en 2024, la consommation à 306 millions de tonnes. Ces niveaux sont les plus bas jamais enregistrés depuis 1990.
Objectifs et implications pour la décarbonation européenne
L’objectif affiché est de montrer les progrès de l’UE vers ses objectifs climatiques. La baisse de 13 % de la consommation entre 2023 et 2024 suit une chute encore plus marquée de 23 % entre 2022 et 2023. L’UE confirme ainsi sa trajectoire de diversification énergétique.

Comparaison 1990-2024 : une courbe de réduction continue
Les séries Eurostat nrg_cb_sff et nrg_cb_sffm révèlent une réduction progressive depuis 1990. Les chutes s’accélèrent après 2021, dopées par la hausse des prix et les politiques de sortie du charbon dans plusieurs États membres.
Impact sur la production d’électricité en Europe
Le charbon représente désormais 12 % de la production d’électricité de l’UE en 2023, contre 16 % en 2022. Cette perte de quatre points en un an traduit la substitution rapide par les renouvelables.
Diminution de la part du charbon dans l’électricité
La baisse de 12 % de la production de charbon entre 2023 et 2024 se fait principalement au profit de la production solaire et éolienne. Le parc charbonnier européen perd ainsi 2,3 GW de capacité nette en un an.
Implications pour la transition énergétique
Cette éviction du charbon réduit mécaniquement les émissions de CO₂ du secteur électrique. L’Agence européenne pour l’environnement estime que 190 millions de tonnes de CO₂ ont été évitées entre 2022 et 2024 grâce à ce seul effet.
Reconfiguration géopolitique des importations de houille
La Russie, premier fournisseur de houille de l’UE en 2021, voit ses livraisons s’effondrer de 98 % jusqu’en 2023. L’interdiction d’importation entrée en vigueur en août 2022 bouleverse la carte mondiale des approvisionnements.

Perte de la position de la Russie comme principal fournisseur
En 2023, 90 % des importations nettes de l’UE proviennent de cinq pays : Australie (25 %), États-Unis (25 %), Colombie (18 %), Afrique du Sud (14 %) et Kazakhstan (9 %). Ces chiffres proviennent des séries nrg_ti_sff et nrg_te_sff.
Nouvelle répartition des partenaires d’importation
Cette diversification réduit la vulnérabilité de l’UE aux chocs géopolitiques. Les prix spot de la houille australienne ou colombienne restent néanmoins indexés aux marchés asiatiques, donnant une certaine volatilité.
Taux de dépendance aux importations de charbon : un équilibre fragile
L’UE importe 67 % de la houille qu’elle consomme. Ce taux est inférieur à celui du pétrole (95 %) et du gaz naturel (90 %), mais il demeure significatif.
Niveau actuel de dépendance pour la houille
En 2023, l’UE a importé 13 millions de tonnes supplémentaires par rapport à 2022 pour compenser la chute russe. Les ports d’Anvers, Rotterdam et Gênes concentrent 60 % de ces flux.
Comparaison avec les autres combustibles fossiles
La dépendance reste plus modérée pour le charbon, ce qui laisse une marge de substitution vers la biomasse ou l’électrification industrielle. Toutefois, l’UE demeure globalement tributaire des combustibles fossiles.









