Engie franchit une nouvelle étape de sa stratégie dans les renouvelables avec la mise en service progressive de son plus grand parc éolien terrestre au monde, Serra do Assuruá. Implanté à Gentio do Ouro, dans l’État de Bahia, ce complexe de 846 MW de capacité installée fournira une électricité bas carbone principalement aux industriels via des contrats de type PPA sur le marché libre de l’énergie. Au-delà du record de puissance, le projet illustre une approche pragmatique : associer développement massif d’énergies renouvelables et retombées locales dans un pays dont le mix électrique est déjà décarboné à près de 90 %.
À retenir
- 846 MW installés : capacité du complexe Serra do Assuruá, le plus puissant parc éolien terrestre jamais réalisé par Engie.
- 188 éoliennes réparties sur 24 parcs éoliens distincts à Gentio do Ouro (Bahia).
- Investissement de 6 milliards de réais (environ 1,1 milliard d’euros).
- Mise en service progressive depuis août 2024, pleine exploitation commerciale attendue fin 2025.
- Environ 3 000 emplois créés pendant la construction, avec priorité au recrutement et à la formation locale, y compris des programmes spécifiques pour les femmes.
- 8,5 millions de réais investis dans des actions sociales et environnementales auprès des communautés quilombolas.
- Le Brésil constitue un pilier pour Engie : 15,7 GW déjà en exploitation, 100 % renouvelables, et objectif de 80 GW mondiaux d’ici 2030.
Serra do Assuruá, un géant technique au cœur d’une région aride
Situé dans le nord-est du Brésil, le complexe Serra do Assuruá repousse les limites de l’éolien terrestre. Ses 188 éoliennes, réparties sur 24 sites distincts, totalisent 846 MW de capacité installée. Ce n’est pas seulement une question de taille : le projet a exigé une ingénierie précise pour maîtriser à la fois les vents forts et les contraintes d’un environnement semi-aride.

La construction a nécessité la réalisation de 28 km de lignes de transmission pour relier l’ensemble au Système interconnecté national (SIN) brésilien. L’opération a été validée par l’ANEEL, le régulateur fédéral de l’énergie. Ce raccordement sécurisé permet d’injecter une production stable dans le réseau national tout en alimentant prioritairement le marché libre de l’énergie.
La prouesse logistique est notable. Dans une région où l’accès reste complexe, Engie a coordonné le transport des pales, les fondations en terrain rocheux et le montage des machines en limitant l’empreinte au sol. Le site a été choisi pour son excellent régime de vent, sur des terres à faible potentiel agricole, afin d’éviter tout conflit d’usage avec la production alimentaire.
Un investissement de 1,1 milliard d’euros déjà sécurisé par le marché
Le montant global du projet atteint environ 6 milliards de réais, soit 1,1 milliard d’euros. Ce niveau d’investissement s’explique par l’échelle inédite du complexe, mais aussi par la qualité des contrats signés pour sa production.
L’électricité produite est en grande partie vendue via des contrats de type PPA à long terme conclus avec des industriels brésiliens désireux de décarboner leur consommation. Cette approche « corporate PPA » constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs du développement éolien et solaire au Brésil. Elle offre à Engie une visibilité économique solide, tout en permettant aux entreprises locales d’améliorer leur bilan carbone, un point de plus en plus stratégique pour leurs clients et investisseurs.
Le Brésil, pilier de l’ambition « Net Zéro Carbone » d’Engie
Lorsque Catherine MacGregor, directrice générale du groupe, évoque les priorités géographiques d’Engie, le Brésil apparaît systématiquement en tête de liste. Le pays représente aujourd’hui plus de 15,7 GW de capacités renouvelables exploitées par le groupe, soit une part très significative de son portefeuille mondial.
Ce choix est structurant. Le mix énergétique brésilien est déjà composé à près de 90 % d’électricité bas carbone, grâce à l’hydroélectricité et, de plus en plus, à l’éolien et au solaire. Dans ce contexte, ajouter de nouvelles capacités éoliennes permet d’accompagner la croissance de la demande industrielle sans dégrader le bilan carbone du pays.
Objectif 80 GW renouvelables d’ici 2030
Serra do Assuruá marque une étape dans une feuille de route claire : atteindre 50 GW de capacités renouvelables fin 2025, puis 80 GW en 2030. Pour y parvenir, Engie a opéré un recentrage majeur, en se retirant complètement du charbon, avec la vente de la centrale de Pampa Sul, et en concentrant ses investissements sur l’éolien terrestre, l’éolien en mer et le solaire.
Le Brésil offre à la fois un cadre réglementaire mature, une demande solvable via le marché libre de l’énergie et des ressources naturelles exceptionnelles. Il est ainsi devenu un laboratoire grandeur nature de la stratégie renouvelable du groupe français.
Une électricité directement utile à la décarbonation industrielle
Contrairement à certains projets qui peinent à trouver preneur, l’électricité de Serra do Assuruá est déjà intégralement commercialisée. Les grands consommateurs industriels brésiliens – aciéries, chimie, agroalimentaire – utilisent ces contrats PPA pour verdir leur consommation tout en sécurisant leur prix de l’électricité sur 10 à 15 ans.
C’est une illustration concrète de ce que peut être une transition énergétique inclusive : les investissements verts soutiennent directement la compétitivité de l’industrie locale et permettent de réduire durablement ses émissions.
Une implantation pensée pour créer de la valeur locale durable
Au-delà des mégawatts installés, Engie a voulu faire de Serra do Assuruá un projet exemplaire en matière d’acceptabilité et d’impact territorial. La phase de construction a généré près de 3 000 emplois directs et indirects, avec une priorité affirmée au recrutement dans les municipalités voisines de Gentio do Ouro et des environs.

L’entreprise a déployé des programmes de formation aux métiers du BTP et de la maçonnerie, avec un accent particulier sur l’insertion des femmes. Ces initiatives visent à laisser sur place un savoir-faire durable une fois que les équipes centrales auront quitté le site, en offrant davantage de perspectives professionnelles aux habitants.
Soutien concret aux communautés quilombolas
La région abrite plusieurs communautés quilombolas, descendantes d’esclaves affranchis ayant conservé un mode de vie traditionnel. Engie a investi 8,5 millions de réais (environ 1,5 million d’euros) dans des programmes spécifiques : éducation environnementale, appui à des projets productifs locaux, amélioration de l’accès à l’eau et à l’éducation.
Ces actions relèvent d’une véritable politique de transition énergétique inclusive. L’objectif n’est pas seulement de compenser des impacts, mais de générer un bénéfice net pour les populations qui cohabitent avec les éoliennes.
Préservation de la biodiversité sur un site à faible conflit d’usage
Installé sur des terres semi-arides au potentiel agricole limité, le parc minimise son empreinte sur les écosystèmes productifs. Des études préalables ont permis d’adapter l’implantation des machines pour protéger les couloirs de migration d’oiseaux et les espèces locales, tout en réduisant les perturbations pour les habitants.
Engie Brasil Energia affirme avoir mis en place un suivi environnemental rigoureux pendant toute la durée du projet. Engie montre avec Serra do Assuruá qu’il est possible, à grande échelle, d’associer développement d’énergies renouvelables, rentabilité économique via les PPA et bénéfices concrets pour les territoires. Dans un pays comme le Brésil, déjà très avancé dans son mix électrique, chaque nouveau mégawatt éolien contribue directement à la décarbonation de l’industrie et renforce la compétitivité du pays. Un modèle pragmatique que l’Europe aurait intérêt à observer de près.










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