La France vise 1,7 million de bornes de recharge en copropriété

·

Eonergie > Maison & Urbanisme > Smart cities > La France vise 1,7 million de bornes de recharge en copropriété
Parking souterrain d’un immeuble en copropriété avec plusieurs voitures électriques branchées sur des bornes de recharge modernes.
Résumer cet article avec :

La planification écologique fixe un cap précis pour développer les bornes de recharge dans l’habitat collectif. Le gouvernement vise 1,7 million de places équipées d’ici 2035, en parallèle de la fin de la vente des véhicules thermiques neufs dans l’Union européenne. Près de la moitié des propriétaires vivent en immeuble collectif. Pour accélérer les installations sans alourdir les charges, les pouvoirs publics mobilisent des leviers financiers, juridiques et techniques.


À retenir

  • Objectif : 1,7 million de places équipées de bornes de recharge en copropriété d’ici 2035.
  • Étape intermédiaire : 500 000 places équipées visées pour 2027.
  • Près de la moitié des propriétaires de véhicules résident en habitat collectif.
  • Programme Advenir : subventions pour les installations collectives en copropriété.
  • Logivolt : tiers-financement sans reste à charge immédiat, remboursé à la connexion des utilisateurs.
  • Crédit d’impôt : 500 euros et 75 % des travaux, avec une TVA à 5,5 % sur la pose, l’installation et l’entretien.
  • Droit à la prise : autorisation pour les locataires et les propriétaires disposant d’un parking clos et couvert.
  • Smart charging : gestion intelligente de la puissance pour éviter la saturation des réseaux.
  • Modernisation des colonnes montantes : intervention d’Enedis intégrée au TURPE.

Des objectifs chiffrés pour accompagner l’électromobilité collective

La planification écologique a fixé des repères précis pour étendre l’accès à l’IRVE dans le parc résidentiel collectif. Ces chiffres traduisent la volonté d’anticiper la fin des ventes de véhicules thermiques neufs en 2035 et d’assurer une transition accessible à tous les automobilistes.

Les cibles nationales à atteindre

La France vise d’abord 500 000 places équipées en copropriété d’ici fin 2027. Ce palier doit permettre de tester les dispositifs à grande échelle avant d’accélérer vers l’objectif de 1,7 million en 2035. Ces places se concentrent dans les résidences collectives où vivent près de la moitié des propriétaires de véhicules. L’enjeu est simple : couvrir ce segment pour que l’électromobilité ne reste pas cantonnée aux maisons individuelles.

Réunion de travail dans une administration française où des experts analysent sur ordinateur le déploiement des bornes de recharge en copropriété.
Des objectifs chiffrés structurent la stratégie nationale pour l’électromobilité dans l’habitat collectif.

L’échéance de 2035 et la fin des moteurs thermiques

L’interdiction européenne de commercialiser des voitures thermiques neuves impose de préparer l’infrastructure dès maintenant. Sans bornes accessibles dans les parkings clos des copropriétés, de nombreux résidents auront du mal à recharger leur véhicule au quotidien. Cette stratégie nationale vise donc à rendre l’usage des véhicules électriques plus simple, tout en accompagnant la baisse des émissions du parc automobile.

Des soutiens financiers adaptés aux réalités des copropriétés

Atteindre ces volumes suppose des mécanismes qui réduisent l’effort financier immédiat. Les pouvoirs publics ont maintenu plusieurs outils pour lever les réticences liées au coût des travaux d’IRVE.

Le programme Advenir et les subventions directes

Le programme Advenir reste le principal canal de financement public pour les installations collectives. Il verse des aides qui couvrent une partie des travaux de pose de bornes partagées. Cette subvention s’adresse aux syndics qui présentent des projets intégrés à l’ensemble du parking, plutôt qu’à des demandes individuelles isolées.

Logivolt et le tiers-investissement

Le dispositif Logivolt, porté par la Caisse des Dépôts, propose une solution de tiers-investissement adaptée. La société finance l’installation de l’infrastructure collective sans avance de fonds pour les copropriétaires. Le remboursement s’étale ensuite au fil des premières recharges des utilisateurs, ce qui supprime la dépense initiale et lisse le coût dans le temps.

Les avantages fiscaux maintenus

Le crédit d’impôt pour l’acquisition et la pose d’une borne de recharge individuelle atteint 500 euros, soit 75 % du montant des travaux. Parallèlement, la TVA réduite à 5,5 % s’applique aux travaux d’installation, de maintenance et d’entretien des bornes de recharge. Ces mesures fiscales diminuent directement le coût final supporté par les ménages.

Des évolutions juridiques qui fluidifient les projets collectifs

Les freins administratifs ont été réduits pour faciliter le passage à l’acte. Le cadre légal renforce les droits des habitants tout en encourageant les solutions partagées, qui préservent l’équilibre électrique du bâtiment.

Le renforcement du droit à la prise

Tout locataire ou copropriétaire peut désormais installer, à ses frais, une solution de recharge individuelle à condition que le parking soit clos et couvert. Les délais de réponse du syndic ont aussi été raccourcis pour éviter que les demandes légitimes restent sans suite. Cette évolution consolide le droit à la prise tout en responsabilisant les demandeurs sur les aspects techniques.

Le rôle du syndic et de l’assemblée générale

Le syndic reste le pivot des projets. Il doit informer l’assemblée générale des options disponibles : extension du réseau Enedis jusqu’aux places ou recours à un opérateur privé chargé de la gestion et de la facturation. Le législateur encourage nettement le choix d’une solution collective lors de l’assemblée pour éviter la prolifération de câbles individuels et mieux maîtriser la puissance disponible du bâtiment.

Des solutions techniques pour une gestion intelligente de l’énergie

L’ajout massif de bornes de recharge impose une régulation fine de la consommation électrique des immeubles. Les solutions intelligentes permettent d’intégrer ces usages sans surcharger les installations existantes.

Technicien vérifiant un tableau électrique moderne relié à plusieurs bornes de recharge dans le parking d’une copropriété.
Le pilotage intelligent de la puissance permet de multiplier les bornes sans saturer les installations électriques des immeubles.

Le smart charging pour optimiser la puissance

Le pilotage intelligent, ou smart charging, ajuste automatiquement la puissance délivrée aux bornes selon l’heure et la consommation globale du bâtiment. Cette régulation évite les pics de demande qui pourraient saturer le réseau interne. Le principe est proche de celui d’un thermostat qui répartit la puissance selon les besoins.

La modernisation des colonnes montantes électriques

Dans les immeubles anciens, les colonnes montantes doivent souvent être renforcées pour supporter la nouvelle demande. La réglementation facilite désormais l’intervention des gestionnaires de réseau comme Enedis. Le coût de ces travaux s’intègre progressivement au tarif d’utilisation des réseaux (TURPE) plutôt que d’être supporté intégralement par les copropriétaires au moment des travaux. Cette approche rend la transition plus soutenable financièrement.

Les premiers retours d’expérience sur le terrain

Des copropriétés pilotes montrent qu’une infrastructure collective bien dimensionnée limite les surcoûts futurs. Les résidents qui ont opté pour un opérateur tiers financent leur borne au moment de leur première recharge, ce qui supprime la barrière du paiement initial. En parallèle, les mairies des zones à faibles émissions multiplient les incitations locales pour accélérer les projets en copropriété. Ces exemples montrent que les dispositifs mis en place commencent déjà à produire des effets.

Laisser un commentaire