Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, viennent d’annoncer leur rejet des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et leur retrait du Fonds pour les pertes et dommages climatiques. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de désengagement des accords internationaux sur le climat, notamment après la sortie de l’Accord de Paris annoncée dès le retour de Trump à la Maison Blanche.
Les Objectifs de développement durable : un cadre mondial rejeté par les États-Unis
Que sont les ODD et pourquoi sont-ils importants?
Les Objectifs de développement durable constituent un programme adopté par les Nations unies en 2015. Ce cadre comprend 17 objectifs interconnectés visant à créer un avenir plus équitable et durable d’ici 2030. Parmi ces objectifs figurent l’éradication de la pauvreté, la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et la promotion de l’égalité des sexes.
Ces objectifs servent de feuille de route pour les politiques publiques dans de nombreux pays et guident les investissements dans le développement durable à l’échelle mondiale. Ils représentent un consensus international sur les priorités en matière de développement économique, social et environnemental.
Les raisons du rejet américain
L’administration Trump a justifié son rejet des ODD en affirmant qu’ils promeuvent une gouvernance mondiale qui serait incompatible avec la souveraineté américaine. Lors d’un vote récent à l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis ont voté contre des résolutions soutenant ces objectifs, marquant ainsi une rupture claire avec la politique de l’administration Biden.
Cette position reflète l’approche « America First » de Trump, privilégiant les intérêts nationaux au détriment des engagements internationaux. Les représentants américains ont notamment exprimé des réserves concernant les objectifs liés à l’égalité des sexes et aux droits reproductifs, s’alignant sur les positions conservatrices de l’administration.

Le retrait du Fonds pour les pertes et dommages climatiques
Un mécanisme de solidarité internationale abandonné
Le Fonds pour les pertes et dommages climatiques a été créé lors de la COP27 en 2022 pour aider les pays en développement particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. Il vise à fournir un soutien financier pour faire face aux conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes et de la montée des eaux.
Les États-Unis avaient initialement promis une contribution de 17,5 millions de dollars à ce fonds. Ce montant était déjà considéré comme modeste comparé aux engagements d’autres pays développés comme la France et l’Italie, qui avaient chacun promis 104 millions de dollars.
Les conséquences pour la coopération climatique mondiale
Le retrait américain du conseil d’administration du fonds est perçu comme un signal négatif pour la coopération internationale en matière de climat. Selon les experts, cette décision affaiblit la capacité du fonds à répondre efficacement aux besoins des pays les plus touchés par les catastrophes climatiques.
Les défenseurs du climat ont qualifié cette mesure de « cruelle », soulignant qu’elle pénalise les populations les plus vulnérables aux effets du changement climatique, notamment dans les petits États insulaires et les pays à faible revenu.
Un désengagement systématique des accords climatiques internationaux
Le nouvel abandon de l’Accord de Paris
Le retrait des ODD et du Fonds pour les pertes et dommages s’inscrit dans une trajectoire cohérente avec l’annonce du retrait de l’Accord de Paris sur le climat. L’administration Trump avait déjà quitté cet accord lors de son premier mandat en 2017, avant que les États-Unis n’y réadhèrent sous la présidence de Joe Biden.
En 2025, Trump a rapidement tenu sa promesse de campagne en annonçant un nouveau retrait de cet accord emblématique de la lutte contre le changement climatique. Cette décision met également fin aux financements américains destinés aux initiatives climatiques internationales.
Impact sur les efforts mondiaux de réduction des émissions
Les États-Unis étant le deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, leur désengagement complique considérablement l’atteinte des objectifs de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.
Ce retrait risque également d’encourager d’autres pays à réduire leurs ambitions climatiques, créant un effet domino potentiellement désastreux pour l’action climatique mondiale. Sans la participation américaine, l’effort financier pour soutenir la transition énergétique des pays en développement reposera davantage sur les autres nations développées.

Une stratégie plus large de désengagement international
Au-delà du climat : une remise en question du multilatéralisme
Le désengagement américain ne se limite pas aux questions climatiques. L’administration Trump a également annoncé l’arrêt du financement de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, et examine son adhésion à l’UNESCO.
Ces décisions s’inscrivent dans une vision politique qui privilégie les relations bilatérales et les intérêts nationaux immédiats au détriment des mécanismes multilatéraux de coopération. Elles marquent un tournant significatif dans la politique étrangère américaine, traditionnellement engagée dans les institutions internationales depuis la Seconde Guerre mondiale.
Conséquences pour la gouvernance mondiale de l’énergie et du climat
L’ensemble de ces décisions affaiblit les mécanismes de gouvernance mondiale en matière d’énergie et de climat au moment où les scientifiques alertent sur l’urgence d’une action coordonnée face au réchauffement planétaire.
Pour l’Europe et les autres acteurs engagés dans la transition énergétique, ce désengagement américain signifie qu’ils devront assumer un leadership plus affirmé dans les négociations climatiques internationales et dans le financement des initiatives de développement durable.
- À retenir
- Les États-Unis rejettent officiellement les Objectifs de développement durable des Nations unies
- L’administration Trump se retire également du Fonds pour les pertes et dommages climatiques créé lors de la COP27
- Ces décisions s’ajoutent au retrait de l’Accord de Paris sur le climat annoncé dès le retour de Trump à la présidence
- Cette stratégie de désengagement affaiblit considérablement la coopération internationale en matière de climat
- L’Europe et les autres pays devront renforcer leur leadership pour maintenir l’ambition climatique mondiale









