La fiscalité des véhicules professionnels connaît une transformation majeure en France. Depuis 2023, l’ancienne taxe sur les véhicules de société (TVS) a été remplacée par deux nouvelles taxes distinctes : la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ et la taxe sur l’ancienneté des véhicules. En 2025, ces dispositifs connaîtront des évolutions significatives, notamment avec la fin de certaines exonérations pour les véhicules hybrides et l’augmentation des tarifs.
Les nouvelles taxes véhicules 2025 : ce qui change
Un nouveau barème CO₂ plus contraignant
À partir du 1er janvier 2025, le barème de la taxe sur les émissions de CO₂ évolue significativement. Pour les véhicules homologués selon le cycle WLTP, le tarif marginal varie désormais de 0€ pour les émissions inférieures à 9g/km jusqu’à 65€ par gramme pour les émissions supérieures à 171g/km. Cette évolution représente une augmentation moyenne de 20% par rapport aux tarifs précédents.
Ces modifications s’inscrivent dans un contexte d’accélération de la transition énergétique du parc automobile professionnel. Les experts du secteur automobile estiment que cette hausse pourrait inciter 30% des entreprises à renouveler leur flotte avec des véhicules moins émetteurs d’ici 2026.
L’impact financier sera particulièrement sensible pour les véhicules thermiques puissants. Par exemple, une berline professionnelle émettant 140g/km de CO₂ verra sa taxation annuelle augmenter de près de 1000€.
Fin des avantages pour les hybrides
L’évolution la plus notable concerne la suppression de l’exonération dont bénéficiaient jusqu’alors les véhicules hybrides. Cette mesure, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2025, touchera environ 25% du parc automobile professionnel français selon les données du Ministère des Transports.
Seuls les véhicules utilisant du superéthanol E85 conserveront un avantage fiscal sous forme d’un abattement de 40% sur leurs émissions de CO₂ (dans la limite de 250g/km) et de 2 chevaux-vapeur sur leur puissance fiscale (pour les véhicules n’excédant pas 12 CV).
Selon la Fédération des Entreprises de Transport, cette mesure pourrait représenter un surcoût moyen de 2500€ par an pour une entreprise disposant de 10 véhicules hybrides.
Extension du champ d’application
Les entreprises individuelles sont désormais pleinement intégrées au dispositif, élargissant considérablement l’assiette des redevables. Cette extension concerne potentiellement 850 000 structures supplémentaires selon les chiffres de l’INSEE.
Toutefois, un système d’exonération est prévu pour les plus petites structures ne dépassant pas le seuil des aides de minimis (200 000€ sur 3 exercices fiscaux). Les experts-comptables estiment que cette disposition permettra d’exempter environ 60% des entreprises individuelles concernées.

Modalités pratiques et calcul des taxes
Calcul et période d’imposition
La taxe est calculée en fonction de la proportion annuelle d’utilisation du véhicule à des fins professionnelles. Pour un véhicule utilisé 6 mois dans l’année, le montant sera proratisé à 50% du tarif annuel. Les données du Ministère de l’Économie montrent que 70% des véhicules professionnels sont utilisés plus de 300 jours par an.
Le calcul prend en compte deux paramètres principaux : les émissions de CO₂ (cycle WLTP ou NEDC selon l’année d’homologation) et la puissance fiscale du véhicule. Un simulateur en ligne sera mis à disposition par l’administration fiscale début 2025.
L’Association des Gestionnaires de Flottes Automobiles estime le temps moyen de calcul à 45 minutes par véhicule pour une première déclaration.
Échéances et modalités de paiement
Les taxes doivent être acquittées avant le 25 janvier pour les entreprises soumises au régime réel normal d’imposition ou non redevables de la TVA. Ce calendrier concerne environ 2,3 millions d’entreprises selon la Direction Générale des Finances Publiques.
Le paiement s’effectue exclusivement par voie électronique via le formulaire n°2855-SD. Les données montrent que 95% des déclarations sont désormais réalisées en ligne, contre 75% en 2020.
Les retards de paiement entraînent une majoration de 10% du montant dû, avec des pénalités supplémentaires pouvant atteindre 40% en cas de manquement délibéré.

Perspectives et recommandations
Impact sur les choix de flottes
Ces évolutions fiscales devraient accélérer le renouvellement des flottes vers des véhicules moins émetteurs. Les analyses du cabinet Deloitte prévoient une augmentation de 40% des immatriculations de véhicules électriques professionnels en 2025.
Les constructeurs automobiles adaptent leur offre en conséquence, avec un doublement prévu des modèles électriques destinés aux professionnels d’ici fin 2025. Le surcoût à l’achat est estimé entre 20% et 30% par rapport aux versions thermiques.
Cette réforme va accélérer la transformation des flottes d’entreprise vers l’électrique. Nous anticipons qu’en 2026, plus de 50% des nouvelles immatriculations professionnelles seront électrifiées – Directeur de l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise.
À retenir :
- Augmentation significative des tarifs de la taxe CO₂ au 1er janvier 2025
- Fin de l’exonération pour les véhicules hybrides
- Maintien des abattements pour les véhicules E85 uniquement
- Extension aux entreprises individuelles avec système d’exonération
- Paiement obligatoire avant le 25 janvier pour la majorité des entreprises
- Impact financier majeur incitant au renouvellement des flottes vers l’électrique









