Le ministère de l’Économie a annoncé un durcissement significatif du malus écologique pour 2025, avec un seuil d’application abaissé à 113 g/km de CO2 et un montant maximal porté à 70 000 euros. Cette mesure, qui touchera 66% des véhicules thermiques neufs commercialisés en France, s’inscrit dans la stratégie gouvernementale d’accélération de la transition vers une mobilité plus propre.
Le malus écologique 2025 : un renforcement sans précédent
Un barème toujours plus strict
À partir du 1er janvier 2025, le malus écologique s’appliquera dès 113 g/km de CO2, contre 118 g/km actuellement. Cette baisse de 5 g/km peut sembler minime, mais elle aura un impact considérable sur le marché automobile français. Le montant de la taxe commence à 50 euros pour les véhicules émettant 113 g/km et augmente progressivement jusqu’à atteindre le plafond de 70 000 euros pour les modèles dépassant 192 g/km.
Cette évolution représente un durcissement net par rapport au barème 2024, où le malus maximal était fixé à 60 000 euros. Pour illustrer l’ampleur de ce changement, un véhicule émettant 130 g/km de CO2 verra son malus passer de 310 euros en 2024 à 650 euros en 2025, soit une augmentation de plus de 100%.
Un impact élargi sur le parc automobile
Selon les estimations du ministère de l’Économie, 66% des véhicules thermiques neufs seront désormais soumis au malus écologique, contre 53% en 2024. Cette extension touche particulièrement les SUV et les berlines familiales, même dans leurs versions les moins puissantes. Les constructeurs automobiles s’inquiètent de ce durcissement qui pourrait freiner les ventes de véhicules thermiques sans pour autant garantir un report vers les véhicules électriques.
Les hybrides rechargeables, jusqu’ici relativement épargnés grâce à leur double motorisation, seront davantage pénalisés en 2025. Leur poids souvent élevé et leurs émissions réelles en usage quotidien justifient, selon le gouvernement, cette inclusion renforcée dans le dispositif du malus.

Une trajectoire programmée jusqu’en 2027
Des objectifs de plus en plus ambitieux
Le gouvernement a dévoilé sa feuille de route jusqu’en 2027, confirmant la poursuite du durcissement du malus écologique. En 2026, le seuil d’application sera abaissé à 108 g/km et le plafond augmenté à 80 000 euros. Pour 2027, ces valeurs seront respectivement de 103 g/km et 90 000 euros.
Cette progression graduelle vise à préparer le marché à l’interdiction de vente des véhicules thermiques neufs prévue pour 2035 au niveau européen. L’objectif affiché est de réduire les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs vendus en France de 55% d’ici 2030 par rapport à 2021, conformément aux engagements climatiques du pays.
Le malus poids : un dispositif complémentaire
En parallèle du malus CO2, le malus au poids continue de s’appliquer pour les véhicules dépassant 1,6 tonne. Pour 2025, son montant sera de 10 euros par kilogramme au-delà de ce seuil, contre 5 euros actuellement. Cette mesure vise à contrer la tendance à l’augmentation du poids des véhicules, facteur aggravant pour la consommation énergétique et l’usure des infrastructures.
Les véhicules électriques bénéficient d’une exemption de 400 kg dans le calcul du malus poids, mais cette franchise ne suffit plus pour les modèles les plus imposants qui commencent à être touchés par cette taxation.
Conséquences sur le marché automobile français
Réorientation des ventes vers l’électrique
Le durcissement du malus vise explicitement à accélérer les ventes de véhicules électriques, qui restent exemptés de cette taxe. Selon les projections du gouvernement, la part de marché des véhicules électriques devrait atteindre 30% des ventes en 2025, contre environ 16% actuellement.
Pour soutenir cette transition, le bonus écologique sera maintenu en 2025, mais avec des conditions d’attribution resserrées. Son montant maximal devrait passer de 4 000 à 3 000 euros, et les critères d’éligibilité intégreront davantage la performance environnementale globale des véhicules, incluant leur empreinte carbone lors de la fabrication.
Adaptation des stratégies des constructeurs
Face à ces contraintes fiscales croissantes, les constructeurs automobiles sont contraints d’accélérer leur virage vers l’électrification. Les modèles thermiques encore au catalogue font l’objet d’optimisations techniques pour réduire leurs émissions : adoption plus large des micro-hybridations, allègement des structures, amélioration de l’aérodynamisme.
Certains constructeurs envisagent également de revoir leurs gammes en France, en supprimant les versions les plus émettrices et en concentrant leurs efforts commerciaux sur les modèles sous le seuil de déclenchement du malus. Cette stratégie pourrait conduire à une réduction de l’offre de véhicules thermiques puissants sur le marché français.

Conseils pour les acheteurs face au malus 2025
Anticiper son achat de véhicule
Pour les consommateurs envisageant l’achat d’un véhicule thermique, il peut être judicieux d’anticiper l’acquisition avant l’entrée en vigueur du nouveau barème le 1er janvier 2025. L’économie réalisée peut être substantielle, particulièrement pour les véhicules émettant entre 120 et 150 g/km de CO2, segment où le malus connaîtra les plus fortes augmentations proportionnelles.
Il est essentiel de vérifier précisément les émissions officielles du véhicule convoité, car même les différentes versions d’un même modèle peuvent présenter des écarts significatifs en fonction de la motorisation, de la transmission ou de l’équipement.
Explorer les alternatives à faibles émissions
Pour éviter totalement le malus, plusieurs options s’offrent aux acheteurs :
- Les véhicules 100% électriques, exemptés de malus et bénéficiant encore du bonus écologique
- Les véhicules hybrides classiques les plus efficients, dont certains restent sous le seuil des 113 g/km
- Les modèles thermiques compacts ou citadins équipés de moteurs de petite cylindrée
- Les véhicules compatibles superéthanol E85, qui bénéficient d’un abattement de 40% sur leurs émissions déclarées dans certaines régions
Le marché de l’occasion constitue également une alternative pour échapper au malus, qui ne s’applique pas aux transactions entre particuliers sur des véhicules déjà immatriculés en France.
- À retenir
- Le malus écologique 2025 s’appliquera dès 113 g/km de CO2 (contre 118 g/km en 2024)
- Le montant maximal atteindra 70 000 euros pour les véhicules émettant plus de 192 g/km
- 66% des véhicules thermiques neufs seront concernés par cette taxe
- La trajectoire prévoit un nouveau durcissement en 2026 (seuil à 108 g/km) et 2027 (seuil à 103 g/km)
- Les véhicules électriques restent exemptés de malus et bénéficient encore du bonus écologique









