Le gouvernement français durcit les règles du bonus écologique pour les véhicules électriques chinois assemblés en Europe. À partir d’avril 2025, ces voitures montées en kit, comme la Leapmotor T03 assemblée en Pologne, ne seront plus éligibles aux aides pouvant atteindre 4 000 euros. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Europe et la Chine sur le marché des véhicules électriques.
Comment fonctionne le bonus écologique en 2025
Un dispositif d’aide à l’achat modulé selon les revenus
Le bonus écologique représente une aide financière directe de l’État français pour encourager l’acquisition de véhicules électriques. En 2025, le montant de cette aide varie selon le revenu fiscal de référence du ménage acheteur. Les foyers aux revenus les plus modestes (inférieurs à 16 300 euros) peuvent bénéficier d’une aide maximale de 4 000 euros. Pour les revenus intermédiaires, compris entre 16 301 et 26 200 euros, le bonus s’élève à 3 000 euros. Enfin, les ménages dont le revenu fiscal dépasse 26 200 euros peuvent obtenir 2 000 euros.
Les conditions d’éligibilité actuelles
Pour être éligible au bonus écologique, un véhicule doit respecter plusieurs critères : être neuf, avoir un prix d’achat inférieur à 47 000 euros et peser moins de 3,5 tonnes. Ces conditions visent à cibler l’aide publique sur les véhicules accessibles au plus grand nombre et à éviter de subventionner des modèles de luxe ou des véhicules utilitaires lourds.

Les nouvelles restrictions visant les véhicules chinois
Un changement dans le calcul de l’éco-score
Le gouvernement français vient de modifier en profondeur la méthode de calcul de l’éco-score, critère déterminant pour l’attribution du bonus. Désormais, ce score prend en compte l’ensemble du processus de production, et non plus seulement l’assemblage final du véhicule. Ce changement technique a des conséquences majeures pour les constructeurs qui assemblent en Europe des véhicules dont les composants principaux sont fabriqués en Chine.
Le cas emblématique de Leapmotor
Cette mesure cible particulièrement des modèles comme la Leapmotor T03, une petite citadine électrique commercialisée à partir de 18 990 euros. Bien qu’assemblée dans une usine Stellantis en Pologne, cette voiture est essentiellement constituée de pièces produites en Chine et expédiées en kit vers l’Europe. Avec les nouvelles règles, l’assemblage européen ne suffit plus à garantir l’éligibilité au bonus écologique.
Un délai d’application fixé à avril 2025
Les constructeurs concernés disposent d’un délai jusqu’à avril 2025 pour s’adapter à ces nouvelles dispositions. Passé ce délai, les véhicules qui ne respectent pas les nouveaux critères de calcul de l’éco-score perdront automatiquement le bénéfice du bonus écologique, ce qui risque d’affecter significativement leur compétitivité sur le marché français.
Le contexte économique et commercial
Une réaction aux stratégies industrielles chinoises
Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Europe et la Chine. Les constructeurs chinois ont massivement investi dans les véhicules électriques et disposent aujourd’hui d’une avance technologique et d’un avantage concurrentiel importants. Des marques comme BYD ou MG sont en train de s’imposer sur le marché mondial, ce qui inquiète les constructeurs européens et les gouvernements du continent.
L’augmentation des droits de douane européens
La démarche française s’ajoute aux mesures prises au niveau européen, comme l’augmentation récente des droits de douane sur les véhicules électriques importés de Chine. L’Union européenne a en effet décidé d’appliquer des taxes supplémentaires pouvant aller jusqu’à 35% sur ces importations, afin de protéger l’industrie automobile européenne contre ce qui est perçu comme une concurrence déloyale.

Les stratégies d’adaptation des constructeurs chinois
Face à ces obstacles, certains constructeurs chinois ont commencé à modifier leur approche du marché européen. BYD, par exemple, a annoncé l’ouverture d’une usine en Hongrie, tandis que d’autres envisagent des partenariats locaux plus approfondis. Cependant, la simple stratégie d’assemblage final en Europe, jusqu’ici suffisante pour contourner certaines restrictions, ne sera plus efficace avec les nouvelles règles françaises.
Conséquences et perspectives
Impact sur les prix et l’offre de véhicules électriques
Pour les consommateurs français, ces mesures pourraient entraîner une réduction du nombre de modèles électriques abordables disponibles sur le marché. Les véhicules chinois se distinguent souvent par un rapport qualité-prix avantageux, et la perte du bonus écologique pourrait réduire significativement leur attrait commercial. À court terme, cela pourrait freiner la transition vers la mobilité électrique pour les ménages aux revenus modestes.
Réactions attendues de l’industrie automobile
Les constructeurs chinois concernés se trouvent face à un dilemme : soit augmenter substantiellement la part de production réalisée en Europe, ce qui implique des investissements considérables, soit accepter que leurs véhicules soient vendus sans le bénéfice du bonus écologique, ce qui compromet leur compétitivité. Des adaptations stratégiques sont donc à prévoir dans les mois qui viennent.
Vers une relocalisation de la production ?
L’objectif affiché par le gouvernement français est d’encourager une production plus locale et respectueuse de l’environnement. En intégrant l’empreinte carbone liée au transport des composants dans le calcul de l’éco-score, ces mesures visent à favoriser les chaînes d’approvisionnement courtes et les véhicules réellement produits en Europe, avec un impact environnemental réduit.
- À retenir
- Le gouvernement français modifie les critères d’attribution du bonus écologique pour exclure les véhicules simplement assemblés en Europe à partir de kits chinois
- Cette mesure affecte particulièrement des modèles comme la Leapmotor T03, assemblée en Pologne mais conçue en Chine
- Le nouveau calcul de l’éco-score prend en compte l’ensemble du processus de production, et non plus seulement l’assemblage final
- Les constructeurs ont jusqu’à avril 2025 pour s’adapter aux nouvelles règles
- Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de tensions commerciales entre l’Europe et la Chine sur le marché des véhicules électriques









