30 % de croissance pour les VE en 2025, mais pour combien de temps ?

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Les constructeurs automobiles allemands sont vraiment laissés pour compte par les véhicules électriques chinois
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2025 promet d’être une année charnière pour le marché des véhicules électriques (VE), tant en France qu’en Europe. Les ventes mondiales de VE devraient croître de 30 % par rapport à 2024, atteignant environ 15,1 millions d’unités, ce qui représenterait 16,7 % du marché des véhicules légers. Cependant, des incertitudes pèsent sur cette progression en raison des tensions géopolitiques et des changements de politiques commerciales, notamment aux États-Unis. Entre soutien réglementaire en Europe, domination chinoise et avancées technologiques, le secteur devra composer avec des défis de taille.

Une progression soutenue par des politiques européennes ambitieuses

La montée en puissance des véhicules électriques en Europe repose largement sur les politiques climatiques et les restrictions d’émissions de CO₂. La réglementation européenne impose une réduction de 15 % des émissions des véhicules particuliers d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2021, avec un objectif de neutralité carbone à horizon 2035.

En France, les incitations gouvernementales, telles que les primes à l’achat et les subventions pour l’installation de bornes de recharge, jouent un rôle clé dans l’adoption des VE. Par exemple, le bonus écologique peut atteindre 7 000 euros pour certains ménages, rendant les modèles électriques plus attractifs. Ces mesures ont permis d’augmenter la part des VE en France à 16 % des ventes en 2023, et elle pourrait grimper à 28 % en 2025, selon l’International Council on Clean Transportation (ICCT).

Des constructeurs comme Volkswagen accélèrent la production de modèles abordables, à l’image de la ID.2all, prévue autour de 26 000 euros, avec une autonomie compétitive. Ces offres seront essentielles pour répondre à la demande croissante des consommateurs français et européens.

Des tensions géopolitiques qui menacent la croissance

Si les prévisions de croissance du marché sont encourageantes, l’évolution des politiques commerciales et les tensions géopolitiques pourraient perturber l’approvisionnement et la production de véhicules électriques. Aux États-Unis, un possible retour de Donald Trump à la présidence pourrait entraîner de nouvelles taxes sur les importations, notamment un tarif de 30 % sur les produits chinois et une taxe universelle de 10 % sur les importations hors Canada et Mexique. Cette politique protectionniste affecterait l’ensemble de l’industrie automobile mondiale.

En conséquence, la production automobile nord-américaine pourrait reculer de 2,4 % en 2025, tandis que celle de l’Europe baisserait de 2,6 %. Ces changements pourraient impacter l’offre de véhicules électriques et ralentir la transition énergétique, notamment sur les segments premium.

La Chine, leader incontesté du marché des VE

La Chine continue de dominer le marché des véhicules électriques avec des prévisions de croissance impressionnantes. En 2025, les ventes de VE pourraient dépasser, pour la première fois, celles des véhicules thermiques dans le pays, grâce à un fort soutien gouvernemental et une chaîne d’approvisionnement robuste.

Des entreprises comme BYD jouent un rôle clé dans cette expansion, ayant déjà livré 4,27 millions de véhicules électriques et hybrides en 2024. La Chine représente environ 58 % des ventes mondiales de VE, bien loin devant l’Europe, qui en capte 24 %. L’Inde, bien que plus modeste, connaît une expansion rapide avec une croissance prévue de 117 % de la part des VE en 2025, notamment grâce aux incitations gouvernementales et à l’essor des SUV électriques plus abordables.

Des avancées technologiques qui accélèrent la recharge

Une des évolutions les plus marquantes du secteur concerne la rapidité de recharge des batteries. En avril 2024, le géant chinois CATL a présenté sa batterie Shenxing Plus, capable d’offrir 600 kilomètres d’autonomie après seulement 10 minutes de charge. D’autres entreprises, comme Zeekr, ont dévoilé des batteries permettant de charger un VE à 80 % en un peu plus de 10 minutes, tandis que la start-up britannique Nyobolt a testé un prototype atteignant 80 % en seulement 4 minutes et 37 secondes, offrant une autonomie de 193 km.

À titre de comparaison, un Tesla Supercharger en 2024 met encore 15 à 20 minutes pour atteindre ce niveau de charge. Ces avancées technologiques pourraient transformer l’expérience utilisateur et lever l’un des principaux freins à l’adoption des VE.

En Europe, l’Union Européenne a prévu l’installation de bornes de recharge rapide tous les 60 kilomètres sur les principaux axes routiers à partir de 2025. Ces infrastructures devraient réduire l’anxiété liée à l’autonomie et favoriser l’adoption des VE sur les trajets longue distance.

Le coût des VE, un frein persistant

Malgré ces avancées, le prix d’achat des véhicules électriques reste un obstacle majeur. En France, les modèles les plus accessibles débutent autour de 30 000 euros, un montant encore élevé pour de nombreux ménages. Le marché de l’occasion pourrait toutefois jouer un rôle clé dans l’accessibilité des VE, avec une offre de plus en plus large et des prix en baisse à mesure que de nouveaux modèles arrivent sur le marché.

Le recyclage des batteries est un autre enjeu central. D’ici 2030, les constructeurs devraient être en mesure de recycler 95 % des batteries issues des véhicules électriques, réduisant ainsi l’impact environnemental et les coûts de production.

Quel avenir pour le marché des véhicules électriques en 2025 ?

Avec une croissance attendue de 33 % du nombre total de VE en circulation d’ici fin 2025, atteignant environ 85 millions de véhicules, le marché semble en bonne voie pour une adoption massive. Toutefois, l’évolution des politiques commerciales, les tensions entre les grandes puissances et l’accessibilité financière des modèles détermineront si cette trajectoire peut être maintenue.

Le développement des infrastructures, l’amélioration des technologies de batteries et l’évolution du cadre réglementaire joueront un rôle déterminant pour accélérer l’adoption des VE en France et en Europe. Reste à voir si les tensions géopolitiques ne viendront pas freiner cette dynamique prometteuse.