Depuis le vendredi 7 août 2026, circuler à trottinette électrique à Paris sans casque ni gilet rétro-réfléchissant expose à une addition salée. L’arrêté préfectoral n° 2026-00969, signé par la préfecture de police, rend ces deux équipements obligatoires dans toute la capitale et sa petite couronne, avec effet immédiat. Les contrevenants risquent des amendes cumulables pouvant atteindre 170 euros dès le premier contrôle.
À retenir
- Arrêté préfectoral n° 2026-00969 en vigueur depuis le 7 août 2026 à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
- Obligation du casque homologué et d’un équipement rétro-réfléchissant, de jour comme de nuit, sur toutes les voies publiques, y compris les pistes cyclables.
- Amende de 135 € pour le casque et de 35 € pour l’absence de gilet ou d’accessoire réfléchissant, soit 170 € au total en cas de cumul.
- Engins concernés : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards et cyclomobiles légers.
- 79 décès liés aux EDPM en 2025 en France, en hausse de 34 par rapport à 2024 ; les traumatismes crâniens représentent plus de 40 % des hospitalisations d’urgence.
Publié le vendredi 7 août, cet arrêté change nettement les règles. Jusqu’ici, le casque n’était obligatoire qu’en dehors des agglomérations pour les conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Dans la métropole du Grand Paris, il devient obligatoire à toute heure, y compris en plein jour. Les forces de l’ordre nationales et municipales mènent des contrôles dès ce mois d’août.
L’obligation s’étend de jour comme de nuit à toute la petite couronne
Les règles nationales du Code de la route ne rendaient le casque obligatoire que de nuit ou hors agglomération. L’arrêté préfectoral va plus loin. Il concerne Paris intra-muros et les trois départements de la petite couronne : les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Toutes les voies ouvertes à la circulation publique sont visées, y compris les pistes et bandes cyclables.
Le texte concerne tous les EDPM : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards et cyclomobiles légers. Leurs conducteurs doivent porter un casque homologué selon les normes européennes de protection individuelle, correctement ajusté et jugulaire attachée. Ils doivent aussi porter un gilet jaune fluorescent ou un dispositif rétro-réfléchissant certifié, visible à 360 degrés, quelles que soient les conditions de luminosité.

Une application immédiate et contrôlée
La préfecture de police a annoncé des opérations de verbalisation dès la publication du texte, aux carrefours stratégiques et sur les principaux axes cyclables. Un casque mal porté ou une jugulaire détachée ne seront pas acceptés. L’objectif est d’ancrer le réflexe de s’équiper chez les conducteurs de micromobilité, alors que Paris a déjà supprimé les trottinettes en libre-service en septembre 2023.
Les usagers doivent aussi respecter les règles de base du Code de la route : avoir au moins 14 ans, rouler sur un engin bridé à 25 km/h et ne pas circuler sur les trottoirs. Un engin débridé expose à une amende de 1 500 €. Transporter un passager est également interdit et chaque infraction est punie de 135 € d’amende. Une assurance responsabilité civile spécifique aux véhicules terrestres à moteur reste obligatoire.
Un barème de sanctions cumulables
Le non-respect de ces obligations entraîne des sanctions immédiates. L’absence de casque relève d’une contravention de quatrième classe, avec une amende forfaitaire de 135 €. Elle peut être minorée à 90 € en cas de paiement rapide, puis majorée jusqu’à 375 € en cas de retard. L’absence d’équipement rétro-réfléchissant relève d’une contravention de deuxième classe, soit 35 € d’amende forfaitaire.
Lors d’un même contrôle, un usager qui cumule les deux infractions risque 170 € d’amende. La préfecture indique qu’aucune tolérance ne sera accordée, y compris aux conducteurs équipés de matériel non conforme ou mal ajusté.
Spécifications techniques exigées
Les casques doivent respecter les normes européennes applicables aux EPI. Gilets, baudriers et vestes rétro-réfléchissantes doivent rester visibles sous tous les angles. Cet équipement coûte entre 30 et 100 € pour un casque certifié de bonne qualité, une somme à comparer aux amendes encourues.
La Ville de Paris et la préfecture rappellent que ces équipements protègent directement les usagers. Sur une trottinette, ils constituent la seule barrière entre le crâne du conducteur et le bitume, au milieu des poids lourds, autobus et voitures.
Une réponse directe à l’accidentologie des EDPM
La préfecture de police justifie cette mesure d’urgence par la hausse continue des accidents. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 79 personnes ont été tuées en France en 2025 dans des accidents impliquant des EDPM, soit 34 morts de plus qu’en 2024. Le nombre de blessés graves hospitalisés a augmenté de 33 % sur la même période.

Les traumatismes crâniens représentent plus de 40 % des admissions hospitalières d’urgence des usagers sans casque.
Source : relevés des services d’urgence franciliens, cités par la préfecture de police de Paris
Les trottinettes électriques n’offrent aucune structure protectrice. Le faible diamètre de leurs roues et leur centre de gravité élevé favorisent les basculements violents par-dessus le guidon. Lors d’une collision avec un véhicule plus lourd, la tête est directement exposée. Les services de secours franciliens comptent plusieurs centaines d’interventions chaque mois pour des accidents de micromobilité. Au premier semestre 2025, la mortalité liée aux EDPM a même bondi de 83 % par rapport à la même période de 2024.
Des règles locales de plus en plus nombreuses
Paris n’est pas la première collectivité à durcir ses règles. La Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes, l’Yonne, le Vaucluse et le Cher ont déjà adopté des arrêtés préfectoraux similaires. Ces textes locaux pourraient accélérer une évolution du cadre législatif national. Plusieurs associations d’usagers et parlementaires demandent désormais des règles harmonisées sur tout le territoire, afin d’éviter une mosaïque difficile à comprendre et à appliquer.
Les usagers franciliens doivent donc adapter leur équipement dès maintenant pour circuler en règle. Un casque homologué et un gilet réfléchissant coûtent moins cher que les 170 € d’amende possibles lors d’un contrôle. Surtout, ils réduisent le risque de traumatisme grave lors d’une chute ou d’une collision, première cause de mortalité chez les utilisateurs d’engins électriques individuels.

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