Le marché des deux-roues électriques en France subit un net ralentissement en 2024, avec une baisse de 8% des immatriculations par rapport à 2023. Ce fléchissement s’inscrit dans une tendance plus large touchant l’ensemble du secteur des deux-roues, toutes motorisations confondues, qui recule de 9%. L’arrêt brutal des aides à l’achat gouvernementales et le retrait des flottes en libre-service expliquent en grande partie cette situation préoccupante.
Marché des deux-roues électriques : un recul significatif en 2024
Le secteur des deux-roues électriques traverse une période difficile en France, reflétant une tendance générale à la baisse dans le domaine de la mobilité électrique légère. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le marché est passé de 42 501 immatriculations en 2023 à 39 038 en 2024, soit une diminution de 8%.
Les scooters électriques particulièrement touchés
La situation est encore plus préoccupante pour les scooters électriques (cyclos), qui enregistrent une chute de 12% des immatriculations, passant de 27 819 en 2023 à 24 439 en 2024. Le segment des véhicules neufs est le plus affecté avec une baisse de 15%, tandis que le marché de l’occasion résiste un peu mieux avec un recul de 6,8%.
Facteurs explicatifs de ce déclin
Plusieurs éléments contribuent à cette situation. D’abord, le retrait progressif des flottes de scooters en libre-service dans plusieurs grandes villes françaises a significativement réduit le nombre d’immatriculations. Ensuite, la concurrence croissante des vélos à assistance électrique, souvent perçus comme plus économiques et pratiques en milieu urbain, détourne une partie de la clientèle potentielle.
Un contexte économique défavorable
L’arrêt soudain des aides gouvernementales à l’achat de deux-roues électriques a envoyé un signal négatif au marché. Sans ces incitations financières, l’écart de prix entre les modèles électriques et thermiques devient un frein majeur pour de nombreux consommateurs, dans un contexte d’inflation et d’incertitude économique.

Les motos électriques résistent mieux à la crise
Contrairement aux scooters, le segment des motos électriques affiche une relative stabilité, avec un très léger repli des immatriculations, passant de 14 682 en 2023 à 14 599 en 2024.
Le marché de l’occasion en progression
Fait notable, le marché de l’occasion des motos électriques progresse de 8%, démontrant un intérêt croissant pour ces véhicules à prix plus accessibles. Cette tendance suggère que les consommateurs cherchent à entrer dans la mobilité électrique tout en maîtrisant leur budget.
Les marques qui tirent leur épingle du jeu
Certains constructeurs parviennent à maintenir de bonnes performances malgré le contexte difficile. Talaria et Sur Ron, spécialistes des motos électriques légères, affichent respectivement 1 106 et 1 065 immatriculations en 2024. Ces chiffres témoignent d’un intérêt persistant pour des modèles bien positionnés en termes de rapport qualité-prix.
BMW maintient sa position de leader
Le constructeur allemand BMW conserve sa place de numéro un du marché avec 1 661 immatriculations, suivi de près par Vmoto (anciennement Super Soco) qui totalise 1 601 unités. Pink et Easy-Watts complètent le quatuor de tête avec respectivement 1 582 et 1 249 véhicules immatriculés.
Perspectives et stratégies d’adaptation pour les acteurs du marché
Face à cette situation délicate, les constructeurs et distributeurs de deux-roues électriques doivent repenser leurs stratégies commerciales pour maintenir leur activité.
Nouvelles formules de financement
Pour compenser l’absence d’aides publiques et rendre leurs véhicules plus accessibles, les acteurs du marché développent des offres attrayantes en location avec option d’achat (LOA) ou location longue durée (LLD). Ces formules permettent d’étaler le coût d’acquisition et de réduire l’impact du prix d’achat initial, généralement supérieur à celui des modèles thermiques équivalents.
Renouvellement des gammes et innovation
L’arrivée de nouveaux modèles plus performants et au design attractif pourrait redynamiser le marché en 2025. Des constructeurs comme LiveWire (la division électrique de Harley-Davidson) préparent le lancement de nouvelles gammes susceptibles d’attirer une clientèle en quête d’alternatives au thermique.
L’impact des réglementations environnementales
L’expansion des zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations françaises et l’instauration du contrôle technique pour les deux-roues depuis avril 2024 constituent à la fois des contraintes et des opportunités pour le secteur électrique. Ces mesures pourraient inciter les propriétaires de véhicules thermiques anciens à se tourner vers l’électrique à moyen terme.

Un marché européen également sous tension
La situation française n’est pas isolée : plusieurs pays européens connaissent également un ralentissement du marché des deux-roues électriques. Cette tendance reflète des problématiques communes à l’échelle continentale.
Des disparités selon les pays
Si certains marchés du nord de l’Europe maintiennent une dynamique positive, d’autres pays comme l’Italie ou l’Espagne font face à des défis similaires à ceux de la France. Ces différences s’expliquent notamment par les politiques nationales d’aide à la transition énergétique et les habitudes de mobilité propres à chaque pays.
L’enjeu de l’infrastructure de recharge
Le développement insuffisant des réseaux de recharge reste un frein important à l’adoption massive des deux-roues électriques en Europe. Malgré des progrès, l’anxiété liée à l’autonomie demeure un facteur psychologique majeur dans la décision d’achat.
La concurrence asiatique
Les constructeurs européens doivent également faire face à une concurrence accrue des marques asiatiques, qui proposent des modèles à des tarifs compétitifs. Cette pression sur les prix complique la rentabilité des acteurs européens, déjà fragilisés par la baisse des volumes.
À retenir :
- Baisse de 8% des immatriculations de deux-roues électriques en France en 2024
- Chute de 12% pour les scooters électriques contre une quasi-stabilité pour les motos électriques
- BMW reste leader du marché avec 1 661 immatriculations
- L’arrêt des aides à l’achat a fortement impacté le secteur
- Le marché de l’occasion des motos électriques progresse de 8%
- Les constructeurs misent sur des offres de LOA/LLD pour compenser le surcoût à l’achat
- Les réglementations environnementales (ZFE, contrôle technique) pourraient favoriser l’électrique à moyen terme









