La France voit le vélo VAE atteindre 2,7 milliards d’euros d’ici 2029

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La France mise sur le vélo pour atteindre 12 % part modale d’ici 2030
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Une enquête nationale conduite entre juin et octobre 2024 montre que 24 % des Français pratiquent le vélo chaque semaine, mais la progression du mode doux s’essouffle après plusieurs années de hausse. Le rapport révèle des écarts marqués entre zones urbaines et rurales, ainsi que des freins liés à la sécurité et aux vols. Le gouvernement vise à porter la part modale du vélo à 12 % d’ici 2030 en mobilisant deux milliards d’euros d’investissements.


À retenir

  • 24 % des Français utilisent le vélo au moins une fois par semaine.
  • Le parc moyen est de 1,28 vélo par foyer, dont 0,13 VAE.
  • Le marché du VAE devrait atteindre ≈ 2,7 milliards € d’ici 2029 avec une croissance annuelle de 8,55 %.
  • Paris intra-muros a dépassé la voiture : 11,2 % des déplacements sont à vélo contre 4,3 % en voiture.
  • Le respect des règles de circulation reste inégal ; seulement 31 % des cyclistes portent régulièrement un casque.
  • Le gouvernement ambitionne 12 % de part modale vélo d’ici 2030, grâce à 2 milliards € d’investissements.

État des lieux de la pratique cycliste en France en 2024

L’enquête nationale du Ministère des Transports révèle une utilisation régulière du vélo qui stagne à seulement +1 % de passages par rapport à 2023.

Fréquence d’usage et répartition démographique

Sur les 12 582 répondants âgés de 11 à 85 ans, 24 % pratiquent le vélo au moins une fois par semaine. Une proportion plus large, 35 %, roule au moins une fois par mois, tandis que 46 % déclarent ne jamais monter à vélo. Les jeunes de 18 à 24 ans se distinguent, avec 36 % de cyclistes réguliers, contre seulement 13 % chez les 65 à 85 ans. Les hommes sont plus enclins à une pratique assidue (29 %) que les femmes (19 %).

Évolution des tendances et impact du VAE

Le parc moyen compte 0,82 vélo musculaire, 0,33 vélo enfant et 0,13 vélo à assistance électrique (VAE) par foyer. Le VAE, en forte progression, alimente le dynamisme du marché : la valeur du segment est estimée à ≈ 2,7 milliards € d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel de 8,55 %. Malgré cette dynamique, le nombre total de vélos neufs vendus a chuté à 1,9 million en 2024, signe d’une maturité du marché.

Usage quotidien versus loisir

Le vélo reste majoritairement un loisir (55 % des motifs). Cependant, l’usage quotidien progresse : 28 % l’utilisent pour les courses, 23 % pour des rendez-vous, 17 % pour le vélotaf et 8 % pour les études. Chez les enfants, le loisir domine ; seulement 4 % se déplacent régulièrement à l’école, un frein lié à l’insuffisance d’infrastructures sécurisées.

La France mise sur le vélo pour atteindre 12% de part modale d’ici 2030 - graphique 1

Enjeux territoriaux et saisonniers du vélo

La pratique varie fortement selon la localisation et la période de l’année.

Disparités géographiques de la pratique

Les métropoles affichent les taux d’usage les plus élevés. En dehors de Paris intra-muros, les grandes villes affichent 31 à 34 % de cyclistes réguliers, alors que la grande couronne d’Île-de-France et les zones rurales ne dépassent que 19 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire se démarquent avec près d’un habitant sur trois pratiquant le vélo. À l’inverse, la Corse, certaines parties du Grand Est et la plupart du PACA hors littoral montrent une pratique en retrait.

Influence de la saisonnalité sur l’usage

Le calendrier révèle des pics en mai, juin et septembre, alors que les mois de décembre et janvier voient une chute drastique. Seules 32 % des cyclistes utilisent leur vélo toute l’année. L’usage hivernal (34 %) reste largement inférieur à l’usage estival (92 %). Les cyclistes « toutes saisons » sont majoritairement urbains et équipés de VAE ou de vêtements adaptés.

Développement des infrastructures par territoire

Paris a doublé la longueur de ses pistes cyclables, passant de 730 km à 1 400 km. Lyon a également renforcé son réseau, passant de 520 km à 920 km. Ces extensions expliquent les modestes croissances de +4 % à Paris et +2 % à Lyon en 2024. Bordeaux, Rouen et Toulouse affichent une progression notable, tandis que Strasbourg stagne.

La France mise sur le vélo pour atteindre 12% de part modale d’ici 2030 - graphique 2

Sécurité et freins à l’adoption du vélo

Les comportements et l’infrastructure influencent la perception de la sécurité et la décision d’utiliser le vélo.

Comportements et respect des règles de circulation

84 % des cyclistes déclarent respecter les feux tricolores, mais seulement 24 % portent un gilet réfléchissant la nuit, malgré l’obligation hors agglomération. Le port du casque reste faible : 31 % le portent systématiquement, avec une nette différence entre hommes urbains actifs et femmes rurales. Environ 16 % des usagers n’ont pas d’éclairage actif la nuit.

Équipements, perception de la sécurité et vol

Le manque d’équipements adéquats renforce la crainte d’accidents. La peur du vol représente un obstacle majeur : 46 % des répondants ont déjà renoncé à utiliser leur vélo, et 13 % l’ont abandonné après des vols répétés. Le nombre de vélos volés chaque année dépasse 400 000, dont plus de 150 000 ne sont jamais retrouvés.

Obstacles majeurs à l’adoption du vélo

En zones périurbaines, la cohabitation avec les voitures demeure difficile. Le manque de solutions sécurisées pour le trajet domicile-école freine les parents : 15 % des cyclistes reconnaissent rouler régulièrement sur le trottoir, et 20 % ne signalent jamais leurs changements de direction. Ces comportements traduisent un déficit d’infrastructures protégées.

Perspectives économiques et politiques pour 2025-2030

Le gouvernement français trace une feuille de route ambitieuse pour renforcer le vélo comme mode de mobilité durable.

Objectifs nationaux et investissements publics

La cible officielle est d’atteindre 12 % de part modale vélo d’ici 2030. Pour y parvenir, 2 milliards d’euros seront mobilisés sur quatre ans, incluant des subventions pouvant aller jusqu’à 2 000 € selon les revenus, valables jusqu’en 2027. Le plan prévoit également la création de 100 000 km de pistes cyclables sécurisées.

Dynamiques du marché et impacts économiques

Bien que les ventes de vélos neufs aient baissé en 2024, le nombre de réparations en atelier a augmenté de 3,5 % par rapport à 2023 et de 44 % depuis 2019, indiquant une maturité du marché et une préférence pour la durabilité. Le secteur du cycle génère des retombées économiques importantes : les cyclistes dépensent davantage dans les commerces de proximité que les automobilistes, stimulant l’économie locale.

Vers une nouvelle culture du vélo

La comparaison avec les capitales cyclables européennes (Copenhague : 49 % des déplacements, Amsterdam : 35 %) montre le potentiel d’évolution de la France. La crise du COVID-19 a accéléré l’adoption du vélo, mais le gel du financement du plan vélo actuel menace la continuité des politiques locales. Une stratégie cohérente combinant infrastructures, éducation à la sécurité et incitations financières est indispensable pour consolider les acquis et franchir le cap des 12 % de part modale.