Nantes va passer aux bus électriques pour décarboner ses transports publics

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La décarbonation des transports publics passe par des bus électriques à Nantes
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À la rentrée scolaire 2025, les premiers bus standards 100 % électriques ont commencé à circuler sur le réseau Naolib à Nantes, marquant une étape clé dans la décarbonation des transports publics. Cette initiative cible d’abord la ligne Chronobus C8, l’une des plus fréquentées avec 10 000 voyageurs par jour, et s’étend progressivement à d’autres lignes. Derrière ce déploiement, un investissement de 80 millions d’euros vise à transformer une flotte encore majoritairement au gaz naturel en un parc plus durable.


À retenir

  • 15 bus standards électriques livrés en 2025 sur le réseau Naolib.
  • Ligne Chronobus C8 transformée en BHNS avec fréquences de 5h à 0h30.
  • Autonomie des bus : environ 350 km, avec recharge nocturne au dépôt.
  • Investissement total : 80 M€ pour 98 bus, dont 70 électriques à 62 M€ HT.
  • Flotte actuelle : 94 % au GNV, objectif de mutation sur 20 ans.
  • Loi LOM impose 50 % de véhicules à très faibles émissions dès 2025.

Ce lancement des bus électriques sur le réseau Naolib illustre les enjeux concrets de la transition énergétique dans les transports urbains français. À Nantes, où la Semitan exploite une flotte de 543 véhicules, ce projet répond à la Loi d’orientation des mobilités de 2019 en accélérant le passage du GNV et du diesel à l’électrique. Importante maintenant, cette étape intervient au moment où les contraintes réglementaires et environnementales poussent les collectivités à repenser leurs infrastructures pour réduire les émissions de CO2. Pour les usagers nantais et les riverains, elle promet un confort accru via moins de bruit et de vibrations, tout en posant des défis logistiques et financiers gérables sur le long terme. Ce mouvement pragmatique, piloté par Nantes Métropole, sert de modèle pour d’autres villes européennes engagées dans la décarbonation.

Lancement des bus électriques sur le réseau Naolib

Le déploiement des premiers bus 100 % électriques sur le réseau Naolib marque le début d’une transformation progressive des transports en commun nantais.

Inauguration sur la ligne Chronobus C8

La ligne C8, anciennement 54, a été rebaptisée Chronobus le 1er septembre 2025. Cette évolution en fait un bus à haut niveau de service avec des fréquences renforcées. Les horaires s’étendent de 5h à 0h30 du dimanche au jeudi, et jusqu’à 2h30 les vendredis et samedis.

Cette ligne, l’une des plus chargées avec 10 000 voyageurs par jour, accueille désormais les premiers bus standards électriques. L’inauguration a eu lieu à la rentrée scolaire, intégrant ces véhicules dans le quotidien des usagers. Les riverains bénéficient déjà d’une réduction du bruit et des vibrations.

Calendrier des livraisons et mises en service

En 2025, 15 bus standards de 12 mètres ont été livrés par Iveco Heuliez. Une seconde vague de 15 unités arrivera en 2026, pour une mise en service totale d’une trentaine entre fin 2025 et le premier trimestre 2026. Ces véhicules desservent initialement les lignes au départ du Cetex Marcel-Paul, comme les 12 et 50.

Les bus articulés de 18 mètres interviendront plus tard. Leur arrivée est prévue à partir de 2027 au Cetex de La Vertonne à Vertou. Ce calendrier étalé permet une intégration sans disruption majeure du réseau.

les futurs bus 100 % électriques vont contribuer grandement à la décarbonation de la flotte et apporter plus de confort aux usagers et riverains.
selon Olivier Le Grontec, lors de l’annonce du projet.

Bus électriques Naolib à Nantes

Technologies et infrastructures pour une flotte durable

Les nouveaux bus électriques s’appuient sur des technologies adaptées aux besoins urbains nantais, complétées par des investissements dans les infrastructures de recharge.

Caractéristiques techniques des véhicules Iveco Heuliez

Les modèles retenus sont le GX 337 ELEC pour les standards de 12 mètres et le GX 437 ELEC pour les articulés de 18 mètres. Produits à l’usine Heuliez de Rorthais en Deux-Sèvres, ils offrent une capacité de 70 passagers par bus standard, dont 23 assis et 47 debout.

L’autonomie atteint environ 350 km, adaptée aux longues amplitudes des lignes nantaises et variable selon la météo. La motorisation repose sur un moteur SIEMENS Elfa III de 310 kW pour le standard et 375 kW pour l’articulé. Les batteries NMC de FPT Industrial ont une capacité unitaire de 69,3 kWh.

La technologie inclut une récupération d’énergie lors du freinage, entre 30 % et 50 % de l’énergie. Une pompe à chaleur réversible au CO2 gère le chauffage et la climatisation. Le coût unitaire s’élève à 625 000 € HT, soit 60 % de plus qu’un bus au GNV.

Stratégie de recharge et adaptation des Cetex

La recharge se fait principalement au dépôt, la nuit, contrairement aux bus de la ligne 4 qui se rechargent en ligne. Au Cetex Marcel-Paul à Saint-Herblain, 14 chargeurs ont été installés, chacun à 45 000 € HT et capable de charger deux bus simultanément.

Nantes Métropole a investi 3 M€ TTC pour moderniser ce centre, incluant un mur coupe-feu. Les autres Cetex à Nantes, Rezé et Vertou suivront progressivement. Le Cetex de La Vertonne sera adapté pour les articulés dès 2027.

Cette approche assure une fiabilité opérationnelle. Elle minimise les interruptions de service tout en soutenant l’électrification du parc.

Infrastructure de recharge et bus électriques à Nantes

Enjeux d’un projet sur vingt ans et 80 millions d’euros

Ce déploiement s’inscrit dans une feuille de route ambitieuse, contrainte par des réglementations et des défis multiples, mais étalée pour en atténuer l’impact financier.

Cadre réglementaire et contraintes financières

La Semitan a reçu mandat de Nantes Métropole pour acquérir 98 bus au total. Parmi eux, au moins la moitié seront électriques, le reste au GNV, pour 80 M€ TTC. Le budget pour les 70 bus électriques atteint 62 millions d’euros HT.

La LOM de 2019 oblige les grands réseaux à viser 50 % de véhicules à très faibles émissions dès les renouvellements de 2025. Actuellement, la flotte de 543 véhicules est à 94 % au GNV et 6 % électrique. La mutation complète prendra 2 à 3 décennies, en raison de la durée de vie de 20 ans des bus existants.

Défis nationaux, locaux et internes

Sur le plan national, Enedis doit sécuriser la production d’électricité pour tous les réseaux. Les fabricants comme Iveco adaptent leur ingénierie. Localement, la Semitan gère la maintenance et l’installation progressive des infrastructures de recharge.

la dépense est étalée sur un grand nombre d’années, un délai jugé bienvenu pour les finances locales.
selon Pascal Bolo, dans une interview récente.

La formation des personnels à la maintenance des bus électriques représente un chantier majeur.

Opérationnellement, l’adaptation des Cetex existants pose des défis logistiques. Pourtant, ce projet renforce la durabilité et l’efficacité du réseau Naolib, tout en répondant aux attentes en sobriété carbone. Les conducteurs notent déjà un gain en confort, avec moins de bruit pour une conduite plus sereine.

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